‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 38 sur 213 · LE TRIOMPHE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE VOLTAIRE

Paris, instruit par les gazettes Du triomphe que de nos jours Rome* décerne aux grands poètes

I. Triomphe décerné à un poète romain en 1739» ^ ^*^' mitation de celui de Pétrarque en 1341. (M.)

72 Clairamhault'Maurepas.

Fait par ses crieurs et trompettes,

Publier dans les carrefours

La rare et poétique fête

Qu'au Lucain français elle apprête.

Le vingt de la lune de mars.

Lune venteuse et variable, Jour luisant de rayons blafards, Jour au triomphateur sortable ; D'un alguazil et trois mouchards On verra partir la quadrille De la porte de la Bastille; Palais dont ces introducteurs Au poète ont fait les honneurs.

Un soufflet*, mesquine voiture.

Sera le char de l'Apollon, Chargé de grotesque peinture, Girouettes au pavillon; Sur les panneaux en beau blason Sera le timbre héréditaire D'un fief qui n'a nul censitaire; Fief dont l'empire calotin

I. Littré donne du mot « soufflet » la définition suivante : « Ancienne espèce de voiture à deux roues, fort légère, où il n'y avait place que pour une ou deux personnes, dont le dessus et le devant étant de cuir ou de toile cirée, se levaient et se repliaient comme un soufflet dans le beau temps, et s'abaissaient et s'étendaient pendant la pluie, if

Année 1^4^' 73

L'investit comme suzerain,

£t fief qu'Aymon^ dans ses annalei,

Place au bout des terres australes.

Voici l'attelage du char :

Une chèvre dans le brancard, Chèvre bondissante et pelée ; Un lévrier à la volée.

Derrière le triomphateur, Le petit clerc, son colporteur, Mince et subalterne personne, Uafiublera d'une couronne Faite de houx et de laurier ; Cet assemblage singulier Dénotant le double génie D'épopée et de calomnie *.

Badauds, battez des mains ici.

Place à l'Apollon, le voici.

Qui, dites-vous, cette momie ?

Il vit pourtant ; l'économie, La soif de l'or le sèche ainsi.

Est-il assis, debout, couché?

Non, sur deux flageolets il flotte, Entouré d'une redingote,

r. Colonel du régiment de la Calotte. (M.) 2. Calomnie contre un officier qui s'en fit justice à Sèvres. — Lettre en vers sur la mort d'un ministre auquel il veut que l'Église refuse la sépulture poiu: la donner à une comédienne. (M.)

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