CHARS DE LA VILLE DE PARIS
Jai vu passer ces chars si beaux, Ah ! qu'ils ont surpris nos badauds; Bouche béante à cette fête,
1. « Elle avait infiniment plus de ressources du côté de Tesprii que la précédente Dauphine. Son éducation, ainsi que celle de toutes les princesses du Nord, avait été très soignée. Outre sa langue naturelle, on lui avait appris la latine, la française, l'italienne, l'histoire, le dessin; plusieurs autres connaissances d'utilité ou d'agrément étaient entrées dans le plan de ses études, et son avidité extraordinaire de s'instruire lui avait fait faire de grands progrès en tout genre. » (Vtg privée de Louis XV,)
2. Sur les chars de Mars, de rH3nnen, de Bacchus, de Cérès et du vaisseau que la ville de Paris porte pour armes que M. le prévôt des marchands Bernage fit promener par la ville le jeudi gras, 9 février, au sujet du mariage du Dauphin. (M.)
Annie 1747. 93
Ils suivaient tous en admirant; Le dietr Mars en branlant la tête^ Montrait n'être pas content.
L'Hymen et son flambeau glacés
M'ont ici paru délaissés ;
Pas un Amour, pas une Grâce :
Dans ce char (comme en plus d'un lieu)
On vit Tennui prendre leur place
Et bâiller auprès de ce dieu.
Bacchus, sur son char éclatant^ De loin paraissait triomphant.
Quoi I ni Bacchante ni Ménade I Uauraiènt-elles abandonné ? Le dieu du vin est-il malade ?
Qu'il paraît triste et consterné !
Vous, qui présidez aux moissons, Venez nous combler de vos dons, Ciel, quelle abondance stérile !
Ce n'est que de Toripeau, Et Cérès, en blés si fertile.
N'a ni moissonneurs ni gâteau.
Dordinaire sur les vaisseaux On y voit quelques matelots ;
I. Les saccades du char lui ébranlèrent tellement la tête qu'elle sauta de dessus ses épaules dès la place Royale, au tiers du chemin de sa tournée. (M.)
J^. ClaÎTwmbault^Maurepas.
Mais pour celui de notre viBb^ n vogue souvent au hasard.
Sans pilote^ du moins habile.
Tantôt va tôt, tantdt va tard.
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Il ne manquait au prévôt^,
Pour gagner notre suffrage,
n ne manquait au prévôt
Que de conduire un chariot ;
Par sa charge matelot',
Charretier par un goût nouv^u,
Il sera toujours Bernage
Sur terre comme sur Teau,
Il lui Êiudrait des sabots
Pour faire plus de tapage;
Il lui faudrait des sabots,
Des mieux faits et des plus beaux,
Un grand fouet et son chapeau
De magistrat en clabeau
1. Le prévôt des marchands disant, quelques jours avant le départ de ces chars, qu'il s'étonnait de n'avoir rien vu paraître contre ces chars, son confident lui dit : Donnezvous patience, cela viendra. Dans le moment on vit arriver une grande caisse où il y avait dessus quarante livres de port, et étant ouverte il s'y trouva dedans un sarrau de charretier, un fouet, des sabots et une étrille. C'est sur cela qu'ont été faits les deux derniers couplets. (M.)
2. Allusion au vaisseau qui figure dans les armes de la ville de Paris.
Annie 1747. 95
A côté de réquipage Entonnant un Dia huriau^ l