LA PRISE DE BERG-OP-ZOOM
Quel est donc ce héros formidable* Dont la victoire suit les pas?
Armé d'un foudre redoutable, Il porte partout le trépas ;
1. Berg-op-Zoom fut prise d'assaut, le i6 septembre 1747, après soixante-deux jours de tranchée ouverte. Les ennemis dans cette, affaire perdirent plus de quatre mille hommes, tant tués que prisonniers et blessés ; tandis que les Français n'eurent seulement que six officiers et cent trente-sept soldats tués, trente-sept officiers et deux cent soixante soldats blessés. (M.)
2. Alrich-Frédéric-Woldemar, comte de Lowendahl, maréchal de France et membre honoraire de l'Académie des sciences (1700-1755). « Ce général, dit Voltaire, né en Danemark, avait servi l'empire de Russie. Il s'était signalé aux assauts d'Oczakof quand les Russes forcèrent les janissaires dans cette ville. Il parlait presque toutes les langues de l'Europe, connaissait toutes les cours, leur génie, celui des peuples^ leur manière de combattre; et il avait en^n donné la' préférence ^ la France, oi& l'amitié
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Plus fier que le dieu des batailles, Il Ta renverser ces murailles, Écueil de tant d'autres guerriers ; C'est dans les actions périlleuses Qu'on voit les âmes généreuses Se plaire à cueillir les lauriers.
Attaque cette forte place
Qui veut résister à ton Roi ;
Inspire ta guerrière audace
A ceux qui combattent sous toi ;
Parmi les horreurs du carnage.
Auront-ils assez de courage
Pour braver les horreurs du sort ?
Ne crains rien, tu leur sers de guide :
Pour un général intrépide
Le soldat méprise la mort.
De Neptune l'humide empire Vomit des flots de combattants ; Ta valeur va bientôt réduire Ces soldats toujours renaissants ^.
Telle fut cette hydre fatale
du maréchal de Saxe le fit recevoir en qualité de lieutenant général. » Il servit avec distinction dans les campagnes de Flandre de 1744, 1745 et 1747, et la prise de Berg-op-Zoom fut son plus brillant fait d'armes.
I. « Berg-op-Zoom, surnommée ia PucelU, avait bravé le génie de Spinola ; c'était ime des places les plus inexpugnables des Pays-Bas par ses fortifications, par les Tparais qui l'environnent et qui empêchet de l'investir
I04 Clairambault'Maurepas.
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Que l'amant de la belle Omphale Fit enfin périr sous ses coups ; Hercule envierait ta victoire, Si d'un mortel couvert de gloire Un dieu pouvait être jaloux.
En vain la Grèce conjurée Inonde les champs Phrygiens; Jamais sans le fils de Pelée, On n'eût pu vaincre les Troyens.
Dans ces murs qu'on réduit en poudre, Le Batave affronte la foudre.
Sans crainte d'un revers fatal; Mais aux héros tout est facile ; Pour Troie il fallait un Achille, Pour Berg-op-Zoom un Lowendahl.
Du suprême honneur militaire Bientôt tu seras revêtu ; On doit cet illustre salaire A ton héroïque vertu ; De Louis la main bienfaisante Va sur ta valeur triomphante Prodiguer ses dons précieux.
en entier. Ce qui devait inspirer, en cette occasion, encore plus de sécurité à ses habitants, c'est qu'elle avait l'avantage d'être continuellement rafraîchie de troupes. Elle avait une communication qu'on ne pouvait couper avec l'armée du comte de Schwartzemberg. La valeur seule devait triompher de cette ville. » ( Vie privée de Louis XV,)
Année 1747, lOÇ
Les bienfaits sont les seules marques Par où le plus grand des monarques Peut se rendre semblable aux dieux.
Si le ciel ne t'a pas fait naître Sous nos délicieux climats, Les vertus d'un auguste maître Te fixeront dans ses États *.
Nourri dans le sein de la France, Tu sais accorder la vaillance Avec l'urbanité des mœurs ; Le lieu qui nous donne la vie N'est pas toujours notre patrie; C'est celui qui forme nos cœurs.
Fiers Romains, destructeurs du monde;* Ne nous vantez plus vos Césars ; La France, en miracles féconde, Vient d'effacer leurs étendards; Louis, on voit sous tes auspices Les Lowendahl et les Maurices
I. « Le roi, au moment où il apprit la prise de Bergop-Zoom, remarqua comme humiliant pour la France que ses deux plus grands capitaines fussent étrangers, qu'elle n'en produisît plus de tels qu'autrefois. Câs^ çu'aujourd^hui, répondit le prince de Conti présent, nos/emmes ont affaire h leurs laquais. M™" de Lowendahl étant venue chez le monarque, il la reçut comme la femme d'un héros, et lui dit : Madame, tout le inonde gagnera par cette conquite. Je donne h votre mari le bâton de maréchal etj'esphre délivrer mes sujets du fléau de la guerre. » ( Vie privée de Louis XV.)
io6 Clairamhault'Maurepas,
Se signaler par leurs exploits; N'attends rien d'eux que de sublime; C'est ta valeur qui les anime :
On doit les héros aux grands rois.