M. Boyer, évêque de Mirepoix, ci-devant théatin. (M
Année 1^4^» '^3
Jadis composé de barbons,
Ce corps était notre défense;
Mais que^ craignant en vrais poltrons,
Ils soient h. présent nuls en France ^ ;
Que le simoniaque Tencin Au conseil fasse l'hypocrite ; Que Noailles, qui fait le fin, Dise qu'il vit comme un ermite ;
Que le crédit de Toumehem ' Étonne la cour et la ville ; Que Berryer ' sorte du néant.
Ne valant pas mieux que Marville ;
1. A propos de l'affaire du centième denier. Le roi voulut être obéi, sans rien écouter, promettant que quand on aurait enregistré, il ferait ce qu'il voudrait pour adoucir cet édit ; le Parlement se soumit sans la plus petite résistance ; usage dangereux à introduire. (M.)
2. Le Normand de Toumehem, fermier général, avait été dans les meilleurs termes avec M™' Poisson, à tel point qu'il passait pour le père de ses deux enfants. C'est lui qui avait réglé le mariage de la jeune Antoinette avec son neveu Le Normand d'Étiolés. Au début de sa faveur, M"" de Pompadour le fit nommer directeur général des bâtiments.
3. Nicolas-René Berryer, maître des requêtes et intendant de Poitou, remplaça comme lieutenant général de police, en mai 1747, M. de Marville, nommé conseiller d'État. « La favorite avait voulu avoir en cette place un homme absolument à elle ; celui-ci lui était tout dévoué, ce qui, dès le principe, l'avait rendu odieux au public. Il était, d'ailleurs, insolent, dur et brutal. » ( Vu privée de
124 Clairamhault^Maurepas,
Que Puisieux^ toujours tâtonnant, Embrouille encor plus nos affaires; Et que Machault ', en vrai pédant, Mette le comble à nos misères ;
Que Voltaire soit exilé ', Et qu'il se taise, ou qu'il écrive; Qu'on le plaigne, ou qu'il soit sifflé, Et que sa coureuse le suive;
Louis XV.) W est vrai que l'on adressait le même reproche à M. de Marville. « Il était trop vif et trop prompt, dit Barbier, ce qu'on regardait quelquefois pour brutalité ; ce qui a été une raison pour le desservir auprès du roi. »
1. Louis Brulart, marquis de Puisieux, ministre plénipotentiaire de France aux conférences de Bréda, fut nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères, en janvier 1747, à la place du marquis d'Argenson. Aussi le marquis ne l'a-t-il pas ménagé dans ses Mémoires : « Il se fait sentir des étrangers, écrit-il, comme très ignorant et de peu d'esprit. Après leur avoir étalé quelques petites phrases, on a bientôt reconnu combien il est court d'idées et à quel point il est ignorant. C'est un vrai soliveau. Il est déjà méprisé et du mépris on passe à l'abandon, u
2. Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, maître des requêtes et intendant du Hainaut, avait été nommé contrôleur général des finances en 1745. Au dire du marquis d'Argenson, « il représentait cet ordre amphibie de magistrats qu'on nomme maîtres des requêtes, moitié courtisans, moitié jurisconsultes, petits-maîtres au Palais, robins à la cour. »
3. Sans être exilé publiquement Voltaire avait dû s'éloigner de la cour, pour avoir adressé à la Dauphine des vers où il faisait son éloge, mais en traçant un assez triste portrait de la royauté.- Il alla en Lorraine, auprès de Stanislas, et M'»« Du Châtelet le suivit.
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Que le congrès ^ soit annoncé, Que partout la guerre s'aigrisse ; Que l'État soit bouleversé, Ou qu'il prospère, ou qu'il p^sse ;
Sur ces couplets, qu'un fier censeur A son gré critique et raisonne; Que leurs traits démasquent l'auteur Et percent même jusqu'au trône; Ah ! le voilà, ah ! le voici I Celui qui n'en a nul souci.
Qu'on taise ou dise que Voyer - Expose l'État, joue son maître ; Que sans talent pour tout métier, Le Roi soit seul à le connaître; Ah ! le voilà, ah I le voici !
Celui qui n'en a nul souci.
Que le duc de Chartre, ébloui Des charmes de sa chaste femme, Croie que son fils est de lui, Qu'un autre à bon droit le réclame ;
I. Le congrès d'Aix-la-Chapelle, qui se réunit au mois d'avril pour régler les différends des puissances engagées dans la guerre de la succession d'Autriche.
a. Le comte dArgenson, secrétaire d'Etat de la guerre,
vu. n»
126 Clairambault-~Maurepas,
Qu'en oubliant sa dignité
Dans sa chambre disant la messe,
Son père à la divinité
Croie faire agréer sa faiblesse ;
Que le comte de Charolais^ Fol de ses captives maîtresses, Passe sa vie dans les forêts Et qu'il borne là ses prouesses;
Que Clermont, homme à tout métier, Change sa crosse en une épée ; Que, de tout Paris méprisé, Il fasse tapage à Tarmée ;
Que le grand prince de Conti^ Dans son Isle-Adam se confine, Croyant que pour prendre Coni Le roi in petto le destine ;
1. « M. le comte de Charolais tient, depuis près de vingt ans, M™* de Courcbamp, femme d'un maître des requêtes, en chartre privée, laquelle il a enlevée, qu'il tient en captivité et malgré elle, et qui aurait été bien plus heureuse dans sa maison. » {^ourn, de Bai%ier, 1750.)
2. Le prince de Conti, après ses victoires sur le roi de Sardaigne, avait été obligé, en 1744, de lever le siège de Coni. 11 avait servi depuis avec distinction en Allemagne et aux Pays-Bas, mais l'inimitié de M°^" de Pompadour le fit écarter des armées : aussi Barbier écrivait au mois d'avril 1747 : « Il a vendu tous ses équipages, et ne servira point. Son titre de général lui sera inutile. Il fera sa campagne dans sa maison de l'Isle-Adam. »
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Ah ! le voilà, ah I le voîci I Celui qui n'en a nul souci !