‹ Chansonnier historique du XVIIIe siècleChapitre 79 sur 213 · MADAME DE LA POPELINIERE · texte numérisé non relu

MADAME DE LA POPELINIERE

Voulez -vous apprendre l'histoire De monsieur de La Popelinière;

Edouard peut s'attendre à être la victime aux propositions du congrès. » L'événement justifia ses prévisions. Louis XV, cédant aux exigences de l'Angleterre, s'engagea par un article secret du traité à chasser de France le Prétendant auquel il avait donné sa parole de ne point le renvoyer. L'opinion publique fut vivement surexcitée par l'expulsion du prince, surtout, comme le remarfjue la Vie privée de Louis XV^ <k après l'avoir appelé en France, l'avoir ébloui d'espérances brillantes et l'avoir, au péril de sa vie, fait servir de jouet à nos desseins ; ce qui était lâcheté et perfidie. »

I. Le Riche de La Popelinière, fermier général célèbre par son faste et par la protection qu'il accorda aux gens de lettres, avait épousé M"* Deshayes fille de la comédienne de ce nom, plus connue sous celui de Mimi Dancourt,

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Sa moitié *, pour voir son galant, Traversait une cheminée^ Qui semblait close par devant Et par derrière était percée.

Averti de ce stratagème*, Ayant vu ce trou par lui-même, Il a fermé porte et verroux, Jurant sans mesure et sans bornes, Tant il se sentait en courroux En voyant cet ouvrage à cornes ^.

A quoi bon faire ce tapage ?

Cest son profit que cet ouvrage ; Sans argent le bois lui venait Dans son fover en abondance :

Le but de sa femme n'était Que de ménager la dépense.

1. M*"* dé La Popelinière a fait faire dans sa chambre à coucher un fond de cheminée à ressort et soutenu sur des pivots, pour faciliter l'entrée chez elle de ses amants ; le derrière de cette cheminée donne dans la maison voisine, qu'elle avait louée exprès pour cela et par où passaient ceux qui avaient ses bonnes grâces, L'on dit que c'est M. de Richelieu qui a fait faire cette machine. (M.) — Il faut lire dans les Mémoires de Marmontel le récit de cette aventure, qui fut un des plus singuliers scandales du xvill" siècle.

2. Le jour de la revue des uhlans dans la plaine des Sablons. (M.)

3. Les plaisanteries ne manquèrent pas sur le compte de M. de La Popelinière. « On disait, écrit Barbier, qu'il était bien heureux d'être fermier général, parce qu'on l'aurait fait payer aux barrières comme bête à cornes. »

ijo Cîairamhault'Maurepas.

Ssuse, l'appui du militaire ^ Voulut acxx)mmoder l'aiFaire ; Mais le mari lui répliqua^ £n faisant tirer la coulisse :

Ma drôlesse par ce trou-là N'a que trop appris l'exercice.

C'est par ce moule à cocuage Qui fait le sujet de ma rage.

Que l'ennemi pourrait souvent, En se tenant en embuscade, Sans crainte foncer dans le camp Quand je quitte la palissade.

L'épouser fut une sottise*; Mais enfin la faute est commise.

Mon exemple, grand conquérant, N'est pas un bon exemple à suivre;

1. C'est en vain que M""" de La Popelinière invoqua, pour fléchir son mari, l'appui de puissants protecteurs. « Elle a prié, raconte Barbier, M. le maréchal de Saxe et M. le maréchal de Lowendahl de la ramener à son mari. Ils l'ont fait, mais sans succès. » M™* de La Popelinière, chassée du domicile conjugal, se retira dans un modeste logement de la rue Ventadour, où elle mourut peu après d'un cancer au sein, et dans un état voisin de la misère.

2. Il est vrai qu'il l'avait épousée un peu par force. Alors que M^^® Deshayes n'était que sa maîtresse, elle intéressa en sa faveur M™® de Tencin et le cardinal Fleury, et lorsqu'il fut question de renouveler le bail des fermes, on signifia à M. de La Popelinière qu'il eût à régulariser sa position par un mariage s'il voulait être maintenu en fonctions. Natiuellement le fermier général s'exécuta.

Annie 1^48. 131

Gardez- vous bien d'en faire" autant.

Adieu, je vous apprends à vivre.

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