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lé Qu’Angers n’ai-me rait pas l’af - fai-re.
Le Les
Quand Zoranger fut appelé
A rentrer dans le ministère,
Il ne s'était pas rappelé Qu'Angers n’aimerait pas l'affaire.
I] prit donc, sans penser à mal,
Le mignon petit portefeuille
De grand Procureur-Général !
Etait-ce prudent ? Dieu le veuille !
En apprenant qu’on l’oubliait, Angers, le fouetteur de ministres, S’armant deson terrible fouet, S'écrie, avec des yeux sinistres :
‘ Procureur-Général! c’est moi,
‘ Et c’est moi seul qui devrais l’être !
‘€ Alors, Angers, l’on rit de toi
‘ En donnant ta place à ce traître.
‘ Ah ! Zoranger, grêle envieux,
‘© Je vois bien que tu ris sous cape !
‘ Ça ne durera pas, mon vieux ;
‘€ On ne rit pas quand mon fouet frappe !
Pour /ors Angers, plein de fureur, Chez Zoranger se rend en hâte, Il le trouve la bouche en cœur, Devant un sac d’écus qu’il tâte.
‘{ C’est ainsi que tu m'as volé ‘€ Ma place dans le minsitère, ‘€ Grelot qui sonne le félé ! ”
Dit-il, ‘ redoute ma colère ! ”
Et puis faisant claquer son fouet, Il en menace le ministre,
Qui pendant ce temps-là couvait Son sac: d’écus d’un œil sinistre.
‘* Arrête là!” dit Zoranger,
‘ Avant de te mettre en colère, ‘Tu devrais bien un peu songer
‘ Que l’on peut arranger l'affaire.”
Puis tous les deux baissant le ton, Causèrent à voix demi basse ; C'étaient des sons de mirliton,
Et des cris de grive qu’on chasse.
Le mirliton, c'était Angers,
Qui grinçait comme un gond de porte :
La grive, c'était Zoranger, Sifant : ‘ Que le diable t’emporte ! ”
Petit à petit le débat Aiguillonnait chaque adversaire, Et finalement le combat Menaçait d’être sanguinaire.
ZLoranger, peur d’être battu, Sortant toute son éloquence, Modulait ses #ur lu tu tu
Qui n’avaient pas de conséquence.
Car Angers, toujours en COUTTOUX,
Se montrait toujours inflexible,
Et tout prêt à donner des coups
De son grand fouet—ce fouet terrible,
Soudain Zoranger prend son sac, L'ouvre et l’ offre à son édvérsaire, Ce geste met comme un ressac
Aux flots de sa noire colère.
Et /’or rangé devant ses yeux, Par Zoranger qui le débourse, Calme ses transports furieux :
‘€ Pardi ! puisque l’on me rembourse
‘6 En entier les émoluments
‘ Que j'aurais eus dans cette charge, a D ublions nos ressentiments :
‘# Zoranger est un homme large !
‘ Je veux être de ses amis.
[l conduira bien les affaires.
‘ Conservateurs, restons unis,
‘€ Comme de fidèles comnères ! ” Lors ils se donnent tous Jeux,
Dans leur amitié criminelle, Comme auraient fait deux amoureux, Une embrassade fraternelle.
Ainsi finit cet entretien
Que nous conservera l’histoire.
Avez-vous connu jamais rien Qui fut plus digne de mémoire ?
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