À PROPOS D'BOTTES
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Dans une lutte électorale,
(C'était il n’y a pas longtemps) Charles faisant de la cabale,
Malgré la tempête et les vents,
Au bon peuple de nos campagnes Disait tout, hors la vérité,
Et parcourait le beau comté
Qu'on appelle des Deux-Montagnes.
Des fatigues d’un long voyage Désireux de se délasser,
Chez un preux seigneur de village Il vint un soir se déchausser.
La compagnie était nombreuse, Et dans les somptueux salons
Se mêlaient aux ris, aux chansons, Des plaisirs la troupe joyeuse.
ën le voyant délier sa chaussure Les assistants demeurent étonnés;
de nos cam -pagnes, Dissait tout hors la vé-ri-
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Mais changeant bientôt de figure, Chacun d’eux se bouche le nez.
Et quand de ses bottes humides
Il retira ses vastes pieds,
Ils furent presque asphyxiés
Par des exhalaisons putrides.
Le seigneur qui point ne badine
A l'endroit de l’hongèêteté,
Lui dit : ‘Allez à la cuisine,
‘ Impertinent, rustre, effronté . ’’ Charles, sans perdre contenance, Répondit, mais non sans émoi :
‘ Mon beau seigneur, pardonnez-moi.
‘Si me déchausser vous offense.
‘ Ne vous mettez pas en colère :
‘ Veuillez plutôt considérer
‘* Que mes pieds ne sentent plus guère ‘* Quand on veut bien les comparer,
‘ On en a dans des chansonnettes
‘* Exalté partout la senteur,
‘ Mais tout ceci n’est rien, seigneur, ‘Si vous sent ez donc mes chaussettes.
Le seigneur que la rage emporte, Voulant n'avoir pas le dessous,
Du regard lui montre la porte
Et lui flanque un grand coup au... vous M'entendez bien, Et l'assistance Heureuse dit, en respirant :
Sûr, c'est l’être le plus p..ant
Dont nous ayons eu connaissance,