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| Nous admirons bien volontiers
Son geste, sa voix sympathique ; } Mais quand on le compare à Thiers | Nous croyons voir une critique.
C'est comme dire de Thibault
15 Que ses pieds sentent le cinname,
Fes Ou de Joseph L. Archambault
L Qu'il excelle à construire ur drame.
| Mais parlons de ses qualités.
{. —Ce n’est ni long ni difficile | Il est de tous nos députés
Le plus brillant, le plus habile.
Spirituel, déclamant bien, Possédant l’art heureux de plaire, Il ne lui menquerait plus rien S'il savait un peu sa grammaire.
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ALLÉE PPS L SÈS BETETE CES
J. E. K.—Votre leçon, M. Chapleau. Qu’aviez-vous à
étudier pour ce matin P
JA. C.-—Z'Aistoire de la Littérature Canadienne, de M. EDMOND LaAREAU, de manière à en faire connaître les meilleures définitions, phrases et figures de rhétorique pouvant servir à l’étude des Belles-Lettres et de la grammaire.
J.E. R.—Très-bien. Commençons. Veuillez être fidèle dans vos citations. N’ajoutez, ni ne retrarchez rien. Indiquez les pages. Qu'est-ce que la littérature ?
J. A. C.—LAa littérature esi la plus haute expression du degré de civilisation G’un peuple. Page r.
J. E. K.—Qu'est-ce que le pa/ars de l'intelligence ?
J. A. C.—Un z'aste domaine aue le critique, l’humble historien a trouvé chez fous les peuples, au milieu DUQUEL trône le génie. p. 18.
J. E. K.—Qu'est-ce que le sentiment du Beau ?
J. A. C.—Une fleur endre et insensible. D. 21.
J. E. R.-—Où croit-IL ?
J. A. C.—IL ne croit qu’à l'ombre des broussailles de la vie pratique. p. 21.
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LS J. E. R.—Parlez-nous du prosaïsme de la vie réelle dans ses rapports avec la légère donzelle de l'imagination. J. A.C.—Ze prosaïsme de la vie réelle donne le bras avec un sans-gêne fout cavalier à la légère donzelle de 7 du sde ts D 21.
J. E R—Qu'’éprouve la légère donzelle de l’imagination ?
J. A. C.—ZÆVUle s'honore de ce rude et grossier domeret. D25.
. E. R.—Comment a-t-on appelé ‘*Za voix d'un ÆExilé,” de M. Fréchette?
J. A. C.—-La voix du désespoir, de la trahison, de la calomnie. p. 121.
J. E R.—Quelles réflexions inspire-t-elle à M. Lareau ?
J. A. C.—La colère parle-t-elle deux langages ? Tientelle dans sa main nerveuse une ROSE où une ÉPINE, #7 HOCHET Ou ##e BADINE, un PARAPLUIE ou une ÉPÉE P P. 121.
J. E. R.—Qu’a de particulier la satire politique ?
J. A. C.—La satyre politique forme un genre à part. Elle admet les écarts de la diatribe et we crudité de langage qui permet à la MUSE DE BONDIR, de se CABRER, de prendre le MORDS Aux DENTS pour distribuer des RUADES et des ÉCLABOUSSURES à ceux qui lui barrent le chemin. p. 122.
J. E. R.—Qu'est-ce que la poésie ?
J. A. C.—La poésie, c’est l'expression spontanée de l'enthousiasme et de l’exaltation de la pensée humaine, inspirée par un souffle divin. p. 6. Car je n’appelle pas poésie ces petites farines rimées que nos pères, dans /ewr moment de bonne humeur, chantonnaient en abattant les broussailles qui obstruaient i’entrée de Zewr maison en bois rond. p. 138.
J. E. R.—Quel costume revêt M. l’abbe Gingras pour faire ses recherches en Orient ?
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J.- À. C.—II prend ses habits de semaine, SES BOTTES À L'ÉCUVÈRE, et, les manches de son habit retroussées jusqu'au coude, il déterre dans la poussière des siècles Jes faits héroïques, les exploits glorieux, les institutions ANTI-HOMEÉRIQUES. p. 1609.
J. E. R.—Que fait‘il de remarquable dans sa course ?
J. A. C.—On le voit dans sa course S'ARRÊTANT à CHAQUE PAS. p. 160.
J. E. R.— Pourquoi ?
J. A. C.—Parce que chaque pouce de terre cache un héros. p. 169.
J. E. R.—Quei effet produit sur M. Lareau le Diciionnaire Généalogique de M. l'abbé Tanguay, et quelles remarques lui inspire-t-il ?
J. A. C.—Rien que d’y penser, mes cheveux se hérissent, eË les dents sont prêtes à me :laguer DANS LA BOUCHE, j en suis agacé.
A vrai dire, il doit en avoir comme on dif, PARDESSUS LES OREILLES. P. 214.
Le Dictionnaire généalogique ne contient donc que des détails DANS SON GROS VENTRE. Ce n'est pas là, ni par là qu'un peuple s’instruit. p. 215. |
J. E. R.—Que sait-on de M. J. M. Lemoine ?
J. A. C.—C'est un des auteurs les plus féconds qu’ait produit le Canada, et un de ceux qui a le plus fait pour la découverte de documents relatifs à l’histoire du pays. P. 231. |
J. E. R.—Sur quels poissons ses informations sontelles moins complètes ?
J. A. C.—Sur la MORUE, le MAQUEREAU, /'anguille et en général tous les poissons qui alimentent nos pêcherIeS. P. 232.
J. E R.—Quel est le trait distinctif du caractère de M. Joseph Tassé ?
B TJ. A. C.—C'est un chercheur #/fariguable qui se Plait à CASSER DES NOIX dans le jardin de l’histoire de son pays. P. 241.
.»J- E. R.—Portrait de M. Arthur Buies.
J. A. C.—Un grand corps maigre, souple, osseux, le cou long, la tête altière, des cheveux crépus, crânement roulés en arrière, /e nez chercheur, LES YEUX À PIC, la voix pénétrante, une physionomie qui vous EMPOI- GNE tant elle vous FRAPPE, quelque chose...
J. E. R.—I1 ne faut pas hésiter.—Continuez.
J. A. C.—QUELQUE CHOSE DE LA MALADIE DE MIRABEAU sous CES GRANDES CICATRICES ROUGEA- TRES QUI S'ÉMAILLENT SUR UN TEINT BRONZÉ. Le front s’assombrit de quelques rides, et l’œil attentif découvre des COITTES de cheveux qui ont blanchi avant le temps ; un front de penseur, un CERVEAU CHAUD, un cœur toujours jeune, plein de magnanimité, d’héroisme, de libéralité et de CONVOITISES. p. 463-4.
J. E. K.—Que! est son principal ouvrage ?
J. A. C.—Za Lanterne.
J. E. R.—Quel effet fait-elle à M. Lareau ?
J. A, C.—Za Lanterne me fait l'effet d’une PELOTTE garnie d’aiguilles. Je ne sais o4 la prendre sans me piquer.
F'ouvre ce livre et chaque article, chaque page, chaque ligne est wn dard qui se dresse devant moi.
J. E. R.—Dites-vous que Za Zanterne, qui vous fait l'effet d’une pelotte, est un livre?
J. A. C.—Non. Je cite M. Lareau, à la page 466.
J. E. K.—Que simulent ces dards ?
J. A. C.—Ces petits dards continuellement en mouvement simulent ## rire amer qui vous ÉTOURDIT et vous FAIT MAL: Zerire de rs homme blessé.
J:E. R—Qu'arrivat-il à M. Buies ?
J: A. C.—II s’est ESSIOLÉ au milieu de ses compatriotes. p. 464.
J. E. R.—Quels sont les ouvrages qui ont contribué au progrès de la littérature canadienne ?
J-A. C.—ZL'Almanach VÉETERINAIRE de M.F.
Vogeli. p. 360.
TWINS with single PLACENTA ; OBSTRUC- TION of the BOWELS, par M. J. A. Grant, MD. p.
TABLES CHIMIQUES à l'usage des étudiants, du Dr. Hose. p. 360.
Principes de la langue des SAUVAGES appelés SA U- TEUX, de M.Belcourt. p. 37r.
Une grammaire et un dictionnaire IROQUOIS, de M. Marcoux. p. 370.
Zable alphabétique et analytique du Code de Procédure Civile du Bas-Canada, de M. Coutlée. p. 430.
J. E. R.—N'en pouvez-vous pas citer d’autres ?
J. A. C.—L'ouvrage suivant de M. Horace Nelson : — Structure of the RECTUM ; its history, symptoms, diagnOSES, pathology, and successful treatment by incision. p. 360.
J. E. K.—Qu'est-ce que le RECTUM ?
J. A. C.—M..Lareau n’en donne pas la définition. Dispensez-moi de répondre.
J. E. R.—Je comprends le sentiment de délicatesse qui vous retient. C’est une de ces choses dont on se sert plus qu’on n’en doit parler.
Le latin, ans les mots, brave l’honnéteté :
Mais le lecteur français veut être respecté.
C’est Boileau qui l’a dit.
Donnez un exemple de style harmonieux.
J: A. C.—Jean Rivard parcourt son domaine, va et vient, flatte un jeune poulain qui hennit en regardant sa mère, belle jument founière. qui se frotte les rains le long de la arrière. p. 304.
J: E. R.—Un exemple de style clair.
J: À. C.—J'admire un désir aussi louable et avec des
intentions aussi pures un écrivain distingué doué de toutes les qualités requises pour ces sortes de travaux (d'histoire) peut compter d'avance sur les faveurs du public et assurer à son nom l'IMMORTALITE D'AS- SOCIER à son œuvre les destinées futures de la nation pour laquelle elle est écrite. P. 182.
J. E. R.—Qu'est-ce qu’un proverbe ?
J. A. C.—Une sentence exprimée en peu de mots, et devenue vulgaire.
J. E. R.—Exemple ?
J. A. C‘—Chagque chose À sa place, et les vaches seront bien gardées. p. 475.
J. E. R.—Que cultivèrent nos pères, pendant longtemps ?
J. A. C.—Pendant longtemps nos pères, ces preux de la forêt, qui enfonçaient avec un bras d'acier lu hache dans la CIME des arbres, n'ont pu CULTIVER que les BONS SENTIMENTS de leur cœur. P. 331:
J. E. K.—Comment s’épelle le mot agricole ?
J. A. C.—A-gri-col.
J. E. K.—Exemples.
J. A. C.—Au point de vue agricol. p. 178.
De malheureux préjugés font croire que le Canada est essentiellement agrzco/. p. 361.
Enseignement agricol. p. 363.
Sur la nécessité de l’enseignement agrrco/. p. 363.
J E. R.—Comment épelez-vous le mot clair, dans les phrases suivantes :—Un style clair ; un résumé clair ?
J. E. R.—Exemples.
J. A. C.—Un style clerc. p. 175.
Un résumé clerc. p. 182.
J. E. R.—Accord des participes.
Quelques exemples.
J. A. C.—L'étude de l’histoire de la littérature européenne met en rapport celui qui s’y adonne, avec toutes les célébrités qui ont illuminé de leurs rayons majestueux, l'atmosphère littéraire des peuples qui les ont VU naître, P. 18.
La ballade du poète nicolétain retentit et rappelle aux exilés la patrie perdue, on l’a ENTENDUE chanter. P- 75:
Déjà quelques nations de l’Europe s'étaient PARTA- GÉES le nouveau monde. p. 102. De |
Ces forêts séculaires que Chateaubriand a CËLÉBRÉ dans une prose si poétique. p. 103.
On a réclamé contre l'Université Laval qui, dans les régles du concours, s’est RÉSERVÉE le droit, etc. P- 134. PER RE
Aperçus philosophiques des causes qui ont PRÉCÉDÉS ou AMENES les événements, etc. p. 158.
Si ces livres n’ont pas REUSSIS à attirer, etc. p. 181.
La discorde les avait ARMÉ. p. 288.
À la longue la misère les avait DOMPTÉ. p. 288.
J. E. R.—Concordance des temps.
Quelques exemples.
J. A. G.—I] le pria de souffrir qu’il DEMEURA. P. 74.
Il importait qu’une plume nationale REVENDIQUA les droits des Canadiens et S'ÉLEVA contre ces prétentions arbitraires. p. 146.
J. E. R.—Assez. Bravo! Je vois que vous possédez bien votre Lareau. Aussi vous faudra-t-il changer d’auteur, Vous étudierez pour la prochaine leçon du Boss. …
J. A. C.—Du Boss Dansereau ?
J. E. R.—Non, du Bossuet.
J. A. C.—Comment ça, comment ça? Est-ce que M. Lareau n’est pas le meilleur auteur à suivre? Ne fait-il pas loi en littérature ?
J. E. R.—M. Lareau fait loi...
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J. A. C.—Sans calembour, M. le professeur ?
J. E. R.—Sans calembour, si vous dites qu’il fait loi auprès des personnesincapables de le juger ; mais avec calembour si vous prétendez qu’il fait loi dans l'opinion de ceux qui savent que l'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, qu'avant d'écrire il faut apprendre à penser, et que pour se faire l'historien de la littérature d’un pays, il faut avoir au moins un peu d'orthographe, de style et de grammaire.
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