‹ Chansons à direChapitre 113 sur 130 · N'OUBLIONS PAS · texte numérisé non relu

N'OUBLIONS PAS

Un bon paysan de Champagne

Disait : « Nous avons bien souffert ;

Ils ont fait un vaste désert

De notre si riche campagne.

Mais, quand les malheurs sont passés,

On y pense toujours assez.

Après la délivrance,

Oublions la souffrance I

11 ajoutait tout bas ; « N'oublions pas!

Après la délivrance,

Oublions la souffrance...

N'oublions pas ! »

c Ils ont brûlé notre chaumière,

Elle était vieille sans mentir ;

Il eût fallu la rebâtir

De l'une ou de l'autre manière.

L'incendie a parfois raison ;

La chaumière devient maison.

Voyez la ditiérence :

OubUons la souffrance! »

Il ajoutait tout bas ;

« N'oublions pas !

Voyez la différence :

Oublions la souffrance...

N'oublions pas ! »

/ Ils ont saccagé blés et vigne :

Après quelques ans révolus On ne s'en apercevra plus :

La nature est mère bénigne.

Plus l'homme ravage et détn>it, Plus elle engendre et reproduit.

Voyez quelle apparence !

Oublions la souffrance ! »

Il ajoutait tout bas :

« N'oublions pas !

Voyez quelle apparence!

Oublions la souffrance...

N'oublions pas ! «

€ J'ai trois enfants... j'en avais quatre; Le premier... il avait vingt ans... Nous l'oublirpns avec le temps ; A quoi bon se laisser abattre ? »

Il dit aux trois autres enfants; « Ne pleurez pas! je le défends,

Vous êtes l'espérance ;

Oubliez la souffrance ! •

Il ajoute tout bas :

€ Ne pleurez pas !

Vous êtes l'espérance,

Vous vous nommez la France l N'oubliez pas ! »

Page 1