‹ Chansons à direChapitre 35 sur 130 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

Enfant, tu regardes le cygne Sur cette eau cingler en glissant, .

Et tracer une double ligne Qui va sélargissanl.

A sa blancheur, à sa noblesse.

Tu juges qu'il a des regrets, Si son vol épuisé le laisse A nos sombres marais.

Tu crois que la neige et l'écume Doivent être ses aliments, Et qu'il faut, pour baigner sa plume.

L'azur des lacs dormants.

Mais non l'eau trouble et délétère, .

L'aliment vil et sans fraîcheur, Conspirent pour que rien n'altère Sa suprême blancheur.

Enfant, tu connaîtras la vie; Tu verras des hommes méchants- Verser le fiel de leur envie Sur tes nobles penchants.

Pardonne au jaloux qui t'observe ; Bénis le sceptique railleur; Que toute inimitié ne serve Qu'à te rendre meilleur.

Si parfois leur haine t'indigne, Pense à l'emb'ème de l'oiseau :

Toute chose fait blanc le cygne; Tout rend noir le corbeau.

Fais sortir les tleurs de la fange Et le diamant du charbon.

Du mal ainsi le bien se venge; C'est si boa d'être boa 1

iOi CHANSONS A DIRE

SIiNON, JAMAIS

Mon fils, tu veux venger ta mère, N'esl-il pas vrai, tu l'as juré?

Par ta défaillance éphémère N'es-tu point assez éclairé?

Crois-en qui te Llàme et qui t aiuio Tu vaincras, je te le promets, Si tu sais te vaincre toi-même ; Sinon, jamais, jamais, jamais!

Tu jetteras ce don futile.

Cette vanité du succès.

Cet esprit sans corps et sans si} le.

Plus parisien que français.

Elève ton intelligence;

Gravis à de plus fiers sommets :

11 faut placer haut la vengeance ;

Sinon, jamais, jamais, jamais !

Tu quitteras cette manie De médire et de criliquer.

Ce n'est pas preuve de génie Que l'urdeur de poliliquer.

CHANSONS PHILOSOPHIQUES lOo

Sobre de tenue et de geste, Tu sentiras que désormais La France doit être modeste:

Sinon, jamais, jamais, jamais!

Tu n'iras plus aux tabagies.

Aux théâtres abrutissants, Où le rire fait des orgies Du sens commun et du bon sens La débauche, c'est l'ennemie.

Ouvre les yeux que tu fermais, Réveille la fibre endormie; Sinon, jamais, jamais, jamais!

Tu n'auras plus qu'une pensée.

Enfant, jeune homme ou citoyen :

Relever ta mère abaissée ; Tu n'as pas le choix du moyen.

Indépendance, honneur, patrie.

Tels sont maintenant les seuls mets Dont ton âme sera nourrie ; Sinon, jamais, jamais, jamais!

Mais si tu traites de chimère Cet appel d'un cœur déchiré, Si tu n'écoutes pas ta mère, Fils impie et dénaturé, 0 pays qui veux ta défaite, 0 Dieu puissant qui la permets, Que votre volonté soit faite !

Alors, jamais, jamais, jamais!

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