‹ Chansons à direChapitre 61 sur 130 · LA PROMENADE · texte numérisé non relu

LA PROMENADE

iXous nous promenioas tous les deux.

Par une chaleur accablante.

Crédule comme un amoureux, Dans la forêt j'étais heureux De guider sa marche indolente.

Je serrais son bras sous le mien; Je prenais ma voix la plus douce; Mes yeux étaient de l'entretien; Mais elle ne comprenait rien :

Le sol n'avait-il pas de mousse?

La mousse, elle était sous nos pieds,

Comme un tapis de haute laine,

Couvrant les tertres émaillés,

Dressant des sièges appuyés

Au dossier robuste d'un chêne.

Mais elle ne semblait rien voir,

Et, rassemblant des fleurs sans nombre,

Sans même penser à s'asseoir,

Elle baissait son voile noir :

Les arbres n'avaieut-ils pas d'ombre?

L'ombre, elle était sur notre front, A midi, l'heure du silence.

PETITS POÈMES AMOUREUX Ht

Quand tout mouvement s"inteiTo:iipt,

Que tout subit le poids de plomb

D'une invincible somnolence.

Mais elle n'avait pas au ccpur

Le sentiment de mon ivresse; ♦-

Elle troublait cette langueur,

Chantant comme un oiseau moqueur :

N'avait-elle pas de jeunesse?

La jeunesse, elle était partout,

Dans son enfantine figure,

Dans son teint, dans sa voix, dans tout,

Dans mon cœur, dans mon sang qui bout

Dans la saison, dans la verdure.

Et le soir nous revînmes las.

Moi, plein d'araour et de tristesse,

Elle, avec son sourire : hélas!

A quoi servent donc ici bas

La mousse, l'ombre et la jeunesse?

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