L'AVEU
I! faut doue que l'on te dise Ses pensers de chaque jour?
Ne crains-tu pas ma franchise.
Toi qui craignais mon amour?
Vous l'avez voulu, ma mie, Et je remplis votre vœu; Ma prudence est endormie; Je vais vous faire un aveu :
Il est au monde une femme, Et c'est une autre que toi.
Qui fait naître dans mon Amo Un puissant et doux émoi.
La faute en est à l'absence; Pourquoi m'avoir délaissé?
Il fallait la souvenance Après le bonheur passé.
Elle prend ici la place Que lu tenais autrefois; Elle m'apporte ta grâce; Tu me parles par sa voix-
PETITS POÈMES AMOUREUX l-;>
Sans toi, la vie était rude ; Elle sait rendre aujourd'hui i-e monde à ma solitude, Et le charme à mon ennui.
Quand je la vois apparaître A l'horizon du chemin, Un frisson prend tout mon être; Ma fortune est dans sa main.
J'y voudrais lire d'avance Tout ce qu'elle tient d'espoir; Adieu, chagrin de l'absence 1 Salut, plaisir du revoir !
Regarde là-bas : c'est elle.
Qu'elle marche à petits pas!
La voici : dis-moi, ma belle.
Ne la reconnais-tu pas? Celle qui frappe à ma poite.
Et dont je suis tant épris....
C"est la duègne nui m'apporte Les billets que tu m'écris.