‹ Chansons à direChapitre 74 sur 130 · LA CONFIDENCE · texte numérisé non relu

LA CONFIDENCE

Tu m'as fait une confidence.

Et je t'en dois une en retour.

Anna, ma compagne d'enfance, Écoute-moi sans indulgence :

Je te parlerai sans détour.

Ce n'est pas un amour vulgaire Qui pouvait surprendre mes sens; Mon esprit n'est pas téméraire, Et j'ai compris l'amour d un frère A l'amitié que je ressens.

Son âme est loyale et limjiide; Sa conscience est un miroir.

On sent une raison rigide Qui le maintient et qui le guide Dans le droit chemin du devoir.

Il a toutes les espérances

Que d'autres sèment devant eux;

Et, dans l'âge des défaillances,

Il a conservé les croyances

Qui peuplent les cœurs généreux.

Son langage ne sait pas feindi-e, Sa parole est douce sans art.

Ses yeux se lèvent sans rien craindre ■ Ce qui rampe ne peut atteindra A la hauteur de sou regard.

Un soir, dans une causerie, Il me parla de ses parents, De ses amis, de sa patrie ; Je l'écoutais tout attendrie ; Et j'ai senti mes yeux pleurants.

S'il me disait un jour qu'il m'aime, J'en aurais un extrême effroi...

J'en aurais un plaisir extrême, Et je lui répondrais de même, En lui disant : Pardonnez-moi !

Page 1