‹ ChansonsChapitre 106 sur 216 · LE VIEIL OUVRIER · texte numérisé non relu

LE VIEIL OUVRIER

Musique de l'auteur. — 70.

Je n'ai jamais fait de mal à personne ; Vieil ouvrier je vous implore tous !

La charité sauve celui qui donne ; Jadis aussi j ai donné comme vous.

Pour riiomme fort mendier c'est un vice ; L'âge affaiblit et mes yeux et ma main : En attendant que l'on m'ouvre un hospice, N'ai-je pas droit de mendier mon pain?

Dans les beaux jours, quand la jeunesse amie A mon travail me trouvait si joyeux, Je n'ai pu faire aucune économie ; Je soutenais mes parents déjà vieux.

Il me souvient quelle fut leur souffrance Quand une balle a déchiré mon sein :

J'ai combattu pour notre indépendance !

N'ai-je pas droit de mendier mon pain ?

Que de tourments cet hiver nous amène ! Quand il fait froid les besoins sont plus grands. Le pain est cher. L'ouvrier peut à peine Gagner assez pour nourrir ses enfants.

J'avais un fils, bras de fer, âme pure. Dieu l'a repris... Je suis seul et j'ai fîiim ! Les chiens partout trouvent leur nourriture... N'ai-je pas droit de mendier mon pain !

Retirez donc les ouvriers, vos frères, Partout du bouge où leur misère entra ; Fondez, puissants, des cités ouvrières : Craignez encor , craignez le choléra !

Dieu la voulu , nous sommes solidaires ; Tremblez , palais , car le bouge est malsain ; Le mal se gagne : oh ! les hommes sont frères î N ai-je pas droit de mendier mon pain ?

Oui , j'ai ce droit ; tète et cœur , tout l'affirme : Le Christ un jour Tinscrivit dans sa loi. Sous mes haillons, vieillard caduc, infirme. Je suis un homme aussi bien que le Roi ! Rayon divin , mon àme est immortelle Ma pauvreté s'illumine soudain :

En attendant qu'aux cieux Dieu la rappelle, J'ai bien le droit de mendier mon pain.

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