LE CHANT DE L'ATELIER
Musique de Vauteur. — 76.
Ouvrier A l'atelier , Fais ton ouvrage Avec courage !
Dieu ta donné bon cœur , bon bras :
Sois honnête homme, et tu réussiras.
Pour prendre femme, attends que ta jeunesse Sache un métier pour nourrir tes enfants ; Place rhonneur plus haut que la richesse : Les hommes purs sont les plus grands.
Ouvrier , etc.
Prends pour compagne une sincère amie Qui , brave femme et fille d'artisan , Sache qu'un sou par jour d'économie Donne trente-six francs par an.
Ouvrier , etc.
Puis au métier que ta main rude exerce Ce capital peut prêter son appui :
Tel commença par un petit commerce , Qui se trouve riche aujourd'hui.
Ouvrier , etc.
Si tes parents vieillissent sur la terre Qu'en l'avenir par toi seul ils aient foi. Travaille bien pour ton père et ta mère : Ils ont tant travailhé pour toi.
Ouvrier , etc.
Fuis l'insensé qui s'adonne au genièvre , Horrible fou qui se tue en buvant , Car ce poison , dans une ardente fièvre , En fait un cadavre vivant.
Ouvrier , etc,
Emprunte un livre où la pensée abonde , Tu le liras aux heures du repos ; L'instruction , c'est le niveau du monde : Deux hommes instruits sont égaux !
Ouvrier , etc.
Si tu parviens , il faut , en homme sage , De ton passé garder le souvenir :
Par le travail , l'honneur et le courage Il est si beau de parvenir !
Ouvrier A l'atelier , Fais ton ouvrage Avec courage !
Dieu t'a donné bon cœur , bon bras :, Sois honnête homme , et tu réussiras.
Musique de l'auteur.
Par la chanson notre enftince est bercée ; Dans notre cœur elle incruste ses vers ; La mélodie en charme la pensée , Et la chanson doit tout aux petits airs. Ainsi que l'aigle on voit les hirondelles Franchir aussi les vastes horizons !
Les petits airs , sur leurs petites ailes , Portent bien loin les petites chansons, (bis).
Muse du peuple à sa voix apparue , La chanson passe : elle parle tout haut ! Dans le salon , la mansarde ou la rue , Franche d'allure , elle arrive bientôt.
Le cabaret redit ses ritournelles :
Chacun écoute et reçoit ses leçons.
Les petits airs , sur leurs petites ailes , Portent partout les petites chansons.
Un vieux soldat , en inclinant la tète , Vient appuyé sur le bras de son fils ; Un enfent chante , et le vieillard s'arrête : C'est un refrain qu'il a connu jadis ! C'est un bouquet fait de fleurs immortelles , C'est Béranger , l'écho des plus doux sons : Toujours , toujours , sur leurs petites ailes , Les petits airs porteront ses chansons !
Plus d un génie à la mâle éloquence , S'adresse à tous et nest pas écouté.
Du chansonnier le devoir est immense Quand il obtient la popularité :
Semant le bien par ses chansons nouvelles , De l'avenir il prédit les moissons!...
Les petits airs , sur leurs petites ailes , Portent longtemps les petites chansons.
Oui , la chanson du peuple est l'épopée :
C'est le discours des tribuns en sarrau.
La poésie en a fait son épée ,
Au jour d'alarme elle sort du fourreau !
Aux droits sacrés ses refrains sont fidèles ;
Et y pour répondre à la voix des canons ,
Les petits airs élargissent leurs ailes :
Le peuple alors marche au bruit des chansons.