E LILAS DE MA COUR
Air de la Treille de sincérité. — ca.
Tu vieillis , et sous ta verdure , Tu semblés rajeunir toujours , Lilas qui montres pour .parure , Aux baisers des premiers beaux jours, La fleur des premières amours.
Des moineaux au logis fidèles , Quand tu fleuris , chantent soudain ; J'entends le cri des hirondelles :
Ma cour se transforme en jardin !
On pourrait rire
Si j'osais dire Combien je te porte d amour , 0 petit arbre de ma cour !
T'inondant de perles humides , De toi le matin est jaloux ; Et tes grappes , en pyramides , Semblent , en se penchant vers nous , Exhaler des parfums plus doux.
Tu viens , comme la poésie , Arbuste pour moi sans pareil , Des vallons riants de l'Asie , Pays des fleurs et du soleil.
On pourrait rire
Si j'osais dire •
Combien je te porte d'amour .
O petit arbre de ma cour !
Mes enfants , à lame naïve , Te font témoin de leur gaîté ; Ainsi qu'une source d'eau vive , De leur grande simplicité Dieu fait jaillir la vérité.
Et y cœur ouvert , l)Ouche muette , Je les écoute bien souvent...
C'est alors que je suis poète :
Comme eux je redeviens enfant.
On pourrait rire
Si j'osais dire.
Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour !
Le vent du soir dans ton feuillage Passe et fuit plus suave encor ; Avec lui mon esprit voyage :
Vers rOrient prenant l'essor , Son rêve lui montre un trésor.
Je crois voir , douce Providence !
D'une corne d'or et d'émail , Les Péris verser l'abondance A tous les enfants du travail.
On pourrait rire
Si j'osais dire Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour î
Avril 18 56.