COMMENT VOUS TORTEZ-VOUS
A MON AMI FRÉDÉRIC THOMAS, DU Sièclc.
Air du Carnaval. — 9.
Mon cher Thomas,
C'est en guise de lettre , Quelques couplets assez mal conformés , Qu entre vos mains la poste va remettre : Elle se charge aussi des bouts-rimés.
Pour vous offrir ces fruits de mon génie , J'ai dû payer un timbre de huit sous.
Mon cher Thomas , répondez, je ^ous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
En prose un jour , je fis votre louange Et vous priai d'accepter , sans façon , Mon portrait-carte , espérant , en échange , Avoir le vôtre et celui de Masson.
Enrichissez enfin ma galerie :
Vos deux portraits feront tant de jaloux ! Mon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
Lorsqu'au foyer notre amitié rassemble
Les noms aimés que nous n'oublîrons pas ,
Au premier rang nous plaçons , tous ensemble ,
Michel Masson et Frédéric Thomas.
Ah ! dit alors ma famille chérie ,
Ces nobles cœurs quand viendront-ils chez nous ?
Mon cher Thomas , répondez , je v.ous prie : Je vis encor î Comment vous portez-vous ?
Dans quelques jours , Pâques va faire éclore Chansons d'oiseaux sur les arbres fleuris ; Et pour Paris nous partirons encore :
Permettez-nous de vous voir à Paris.
Entendez-vous un ami qui s écrie , Quand à la porte il a frappé trois coups : Mon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
Ici le Post-Scriphtm de la reconnaissance. Le Siècle , immense voix , me nommait à la France , Par vous , naguère encore , en imprimant mes vers. Mon cœur bénit Bourla (i) , mon cœur bénit Anvers ! Sur cela , priant Dieu qu'il vous garde sans cesse , Je reste votre ami sincère
Antoine Clesse.
Mous, 1862.
(I) Bouila, aicliileclc dont Fiodcric Thomas of niui nous ruines les liôlcs, lors du Congrès d'Anvers, en août 18GI.
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