PRO^IENADE DU SOIR
Musique de Vauteur. — 91.
Tout révélait d'un Dieu la suprême existence. Vers la fin d'un beau jour d'un été sans pareil , L'ombre des peupliers , de distance en distance , Zébrait le grand chemin doré par le soleil. Je quittai la grand'route et gravis la montagne : Les perdrix s'appelaient dans nos riches moissons , Murmures et parfums remplissaient la campagne : Je marchais tout joyeux, le cœur plein de chansons
De là , je voyais Mons dont l'habitant que j'aime Comme le vieux gaulois est malin et moqueur ; S'il est railleur souvent , parfois vaniteux même , Nul n'entend mieux que lui le langage du cœur. Mons où je vins enfant dans les bras de ma mère , Où je voudrais que Dieu bénît chaque maison , Puisqu'il me fut donné de t'offrir la première , Je veux te consacrer ma dernière chanson.
Passe une paysanne , à l'allure superbe , Vers la ferme , le soir , ramenant le bétail ; Elle portait en mains hi lîiucille et la gerbe, Elle avait la beauté de l'ange du travail : C'était l'agriculture , aux fécondes mamelles , Qui sut donner la vie à tant de nourrissons, Par qui nos lils sont forts et nos filles sont belles ! Je revins au logis le cœur plein de chansons.
Tout-à-coup je tressaille à l'odeur de la poudre :
De longs murs en débris roulent de toutes parts !
Oïl la foudre a passé je dois bénir la foudre :
C'est la main de la paix qui brise nos remparts.
Ah ! que l'instruction répande ses caresses
Sur ceux qui vont nous suivre au monde où nous passons.
L'amour et le progrès seront leurs forteresses !
Je rentrai tout joyeux, le cœur plein de chansons.