CHEZ LEUR MERE CONVALESCENTE
Lazarre mort ne peut renaître...
Je vous le dis en vérité , Il vit , répond le divin maître :
Et Lazarre est ressuscité !
Chère femme , il n'est plus d'obstacle ; Nos enfants sont auprès de toi.
Tu vis , mais c'est par un miracle :
Dieu prit pitié d'eux et de moi.
Il permet , du haut de sa gloire , Que tu recouvres la santé Grâce au docteur , à la sœur noire , Sublime sœur de charité.
Et grâce encore à la bonne âme , Type de calme et de douceur , Qui pour te veiller , sainte femme , Un jour vint se joindre à la sœur.
Tu souffrais d'horribles souffrances ; Le mal était contagieux Et , de deux chères existences , Menarait les jours précieux.
Lorsque Marie et Juliette Durent quitter notre maison ,
Je crus , hélas ! pauvre poète , Que j'allais perdre la raison.
Chacune , le cœur gros de peine ,
Pieusement se résigna...
Le médecin les éloigna ,
Mais le bon Dieu te les ramène !
6 Décembre 1863.