PRES DE LA RIVIERE
Musique de Vaiiteur. — o-
On avait fauché la prairie ; La rivière , au cours éternel , Partout dans sa route fleurie Était de la couleur du ciel.
Sur la rive , aux vertes épaules , Quelques chèvres broutaient encor ; L'ombre vigoureuse des saules Tranchait sur l'eau d'azur et d'or.
C'était un jour du mois de juin :
Quel babillage
Dans le feuillage !
L'air embaumé portait au loin La bonne senteur du foin.
Des enfants , au rouge visage , Pour jouer s'étaient rassemblés :
Ils animaient le paysage ; La caille chantait dans les blés.
Les ravissantes demoiselles Voltigeaient autour des roseaux , Et d'innombrables étincelles Tremblaient sur les rides des eaux.
C'était un jour du mois de juin , etc.
Tout paraissait heureux de vivre Au sein de ces calmes douceurs :
La nature est le divin livre Qui des pâtres fait des penseurs.
Loin des montagnes infécondes Dont le faîte au ciel semble uni J admire nos plaines profondes Qui font rêver à l'infini.
C'était un jour du mois de juin :
Quel babillage Dans le feuillage !
L'air embaumé portait au loin La bonne senteur du foin.