‹ ChansonsChapitre 173 sur 216 · PRES DE LA RIVIERE · texte numérisé non relu

PRES DE LA RIVIERE

Musique de Vaiiteur. — o-

On avait fauché la prairie ; La rivière , au cours éternel , Partout dans sa route fleurie Était de la couleur du ciel.

Sur la rive , aux vertes épaules , Quelques chèvres broutaient encor ; L'ombre vigoureuse des saules Tranchait sur l'eau d'azur et d'or.

C'était un jour du mois de juin :

Quel babillage

Dans le feuillage !

L'air embaumé portait au loin La bonne senteur du foin.

Des enfants , au rouge visage , Pour jouer s'étaient rassemblés :

Ils animaient le paysage ; La caille chantait dans les blés.

Les ravissantes demoiselles Voltigeaient autour des roseaux , Et d'innombrables étincelles Tremblaient sur les rides des eaux.

C'était un jour du mois de juin , etc.

Tout paraissait heureux de vivre Au sein de ces calmes douceurs :

La nature est le divin livre Qui des pâtres fait des penseurs.

Loin des montagnes infécondes Dont le faîte au ciel semble uni J admire nos plaines profondes Qui font rêver à l'infini.

C'était un jour du mois de juin :

Quel babillage Dans le feuillage !

L'air embaumé portait au loin La bonne senteur du foin.

Page 1