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AH! SI JE SAVAIS LE LATIN

Air : Ah ! si Madame me voyait ! — 43.

De bons amis, j'en suis certain.

Disent, en termes très-honnètes ,

Que pour faire mes chansonnettes

J'aurais dû savoir le latin.

De bons amis , j'en suis certain.

Je voudrais pouvoir les confondre ;

Mais je n'ai, funeste destin !

Que le français pour leur répondre :

Ah ! si je savais le latin ! {bis.)

Ah ! si je savais le latin , Les sots, sur cette vieille terré.

Seraient condamnés à se taire , Dussent-ils crever de chagrin !

Ah ! si je savais le latin.

On formerait un vide immense Autour de chaque Trissotin :

Bon Dieu , quel éloquent silence !

Ah ! si je savais le latin !

Je connaîtrais saint Augustin , Juvénal , Horace et ^'irgile ; J'en revendrais au plus habile Par Horace et saint Augustin, Et, fier du poids de mon butin.

Je croirais, chacun le devine. Ainsi que l'àne du moulin.

Que j'ai fabriqué la ûirine.

Ah ! si je savais le latin !

Homère, liélns ! n'était qu'un Grec Dont nous avons gardé mémoire ; Aussi de son antique gloire Le fleuve immense est-il à sec :

Le pauvre homme parlait le grec.

Au dire de maint camarade Homère netait qu'un crétin :

H na rien fait que l'Hiade :

Ah ! s'il avait su le latin !

Ah ! si je savais le latin, Je voudrais au fond de mon âme Trouver de purs accents de flamme Pour guider le faible en chemin.

Ah ! si je savais le latin.

Je voudrais consacrer ma vie A combattre soir et matin La haine, l'orgueil et l'envie.

Ah ! si je savais le latin !

H est un langage plus grand Que Dieu parle à la créature :

Partout j'enterjds dans la nature Mille voix que mon cœur comprend Quel langage sublime et grand !

Ah ! que ne puis-je le traduire !

Aux échos de ce chant divin , Je me tais, j'écoute et j'admire.

Eh ! que m'importe le latin î

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