‹ ChansonsChapitre 71 sur 216 · LA FOURMILIÈRE · texte numérisé non relu

LA FOURMILIÈRE

Air : A coups et 'pied, à coup cV poing.

A tout Dieu donnait une voix.

Seul, je rêvais au fond du bois, Assis sur l'herbe printanière , Quand je vis d'un tout petit trou , Vingt fois moins grand qu'un petit sou , Sortir, amis.

Un peuple de fourmis :

Oh ! la drôle de fourmilière !

Jusque dans le moindre détail

L'ordre présidait au travail

De la peuplade tout entière ;

N'ayant pas d'intérêt jaloux ,

Chacun songeait au bien de tous.

0 mes amis , Les drôles de fourmis , Oh ! la drôle de fourmilière !

Un autre peuple indépendant Non loin travaille, et cependant Point de douaniers à la frontière ; Chacun échaugo librement Houille, bétail, vin et froment.

0 mes amis , etc.

Un insecte avec son ûirdeau Glissa dans une goutte d'eau :

Pour lui c'était une rivière.

Soudain tout le monde arrivé Fait la chaîne : un frère est sauvé ! 0 mes amis, etc.

La mort frappe un des travailleurs Et son enfant verse des pleurs :

Le voilà sans père ni mère.

L'enfant , sublime charité !

Par la peuplade est adopté.

0 mes amis, etc.

Au souper un vieil ouvrier Qui ne pouvait plus travailler Des parts de tous eut la première ; Plein de respect pour ses vieux ans.

On soutenait ses pas tremblants.

0 mes amis, etc.

Puis, le soir venu, les fourmis Avant de rentrer au logis En commun ont fait la prière :

C'était un petit chant si doux Que je me suis mis à genoux.

0 mes amis, etc.

Et le cœur tout gros je me dis :

Mais les infiniment petits Aux grands porteraient la lumière.

Ah ! que nous sommes loin de Dieu !

Quand pourrons-nous vivre en ce lieu Heureux, amis.

Ainsi que les fourmis

Dans chaque humaine fourmilière ^

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