LA FOURMILIÈRE
Air : A coups et 'pied, à coup cV poing.
A tout Dieu donnait une voix.
Seul, je rêvais au fond du bois, Assis sur l'herbe printanière , Quand je vis d'un tout petit trou , Vingt fois moins grand qu'un petit sou , Sortir, amis.
Un peuple de fourmis :
Oh ! la drôle de fourmilière !
Jusque dans le moindre détail
L'ordre présidait au travail
De la peuplade tout entière ;
N'ayant pas d'intérêt jaloux ,
Chacun songeait au bien de tous.
0 mes amis , Les drôles de fourmis , Oh ! la drôle de fourmilière !
Un autre peuple indépendant Non loin travaille, et cependant Point de douaniers à la frontière ; Chacun échaugo librement Houille, bétail, vin et froment.
0 mes amis , etc.
Un insecte avec son ûirdeau Glissa dans une goutte d'eau :
Pour lui c'était une rivière.
Soudain tout le monde arrivé Fait la chaîne : un frère est sauvé ! 0 mes amis, etc.
La mort frappe un des travailleurs Et son enfant verse des pleurs :
Le voilà sans père ni mère.
L'enfant , sublime charité !
Par la peuplade est adopté.
0 mes amis, etc.
Au souper un vieil ouvrier Qui ne pouvait plus travailler Des parts de tous eut la première ; Plein de respect pour ses vieux ans.
On soutenait ses pas tremblants.
0 mes amis, etc.
Puis, le soir venu, les fourmis Avant de rentrer au logis En commun ont fait la prière :
C'était un petit chant si doux Que je me suis mis à genoux.
0 mes amis, etc.
Et le cœur tout gros je me dis :
Mais les infiniment petits Aux grands porteraient la lumière.
Ah ! que nous sommes loin de Dieu !
Quand pourrons-nous vivre en ce lieu Heureux, amis.
Ainsi que les fourmis
Dans chaque humaine fourmilière ^