LE PARESSEUX
Air : Suzon sortait de son village. — 51.
Pierre , dans ta fainéantise , En priant dun air inspiré, Tu. viens mendier dans l'église.
Pierre, crois-en ton vieux curé :
Fuis la paresse.
Dans ta jeunesse Relève-toi comme un homme de cœur ;
Remplis ta tâche ,
La voix d'un lâche N'arrive pas au trône du Seigneur !
Même prosterné sur la pierre Tu fais la honte du saint lieu :
Le travail est aux yeux de Dieu
La meilleure prière ! (bis.)
Jean, ton frère est mort, et sa veuve, Hélène , pour manger du pain , Sous le poids d'une telle épreuve , N'a pas encor tendu la main.
Suis son exem.ple ,
Quand dans ce temple Dans tes haillons sans pudeur tu t'étends,
Par fierté d'âme
La sainte femme S'épuise , hélas ! pour nourrir ses enfants . Elle mourra, la pauvre mère, Si tu ne vas l'aider un peu.
Le travail, etc.
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A renfant (jne l'on abandonne, A l'ouvrier tout mutilé, Songes-y , le pain qu'on te donne , 0 Pierre , c'est du pain volé î
Ce mot te peine :
Vite, d'Hélène Sois le soutien , et tout est pardonné î
Qu'en ton délire
Tu puisses dire :
Comme il est bon le pain qu'on a gagné Et de ton bonheur sur la terre Tu me feras bientôt l'aveu.
Le travail, etc.
Et quand la mort viendra te prendre Tu verras, avant de finir.
Un ange de paix pour tattendre Et des parents pour te bénir !
De leurs alarmes
Les chaudes larmes En tattristant charmeront tes douleurs :
Ton mot suprême
Sera : '^ L'on m'aime ! " Et tes neveux s'écriront tout en pleurs : - Travaillons pour réjouir Pierre, " Pierre qui nous a dit adieu !
•' Le travail est aux yeux de Dieu
" La meilleure prière ! ••
Mai 1849.
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