CHANSON D'ÉTÉ
A Georges Tiercy.
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Danioiselle Lise, Qui personnalise Grâces et beauté, Dans un badinage Me dit : « C'est l'été « Faisons un voyage. »
— « Perds-tu point la tête, « Friponne Lisette, « Où me crois-tu fou ?
« Tu sais bien, ma belle, « Qu'il n'est plus un sou « Dans mon escarcelle. »
Chanson d'été ly^
Lise me fit taire :
« N'est pas nécessaire « Immense trésor « Pour cette aventure.
« N'ai-je point de l'or « En ma chevelure ?»
— « Je n'ai pas, ô Lise, La moindre valise. »
— « C'est futilité,
« Dit-elle, en voyage (( On prend la gaieté « Pour simple bagage. »
Et quittant chemise Avec gaillardise, Vers son petit lit M'entraîna la chère Railleuse qui dit :
« Vogue la galère ! »
iCo Chansons chimériques
Et, sans plus attendre,
Elle fit entendre
Un rire égrillard :
— « Qu'est-ce donc, mignonne?
« — C'est pour le départ
« Mon rire qui sonne ! »
Sous la douce brise, Vers la rive exquise Je vogue à tâtons :
« Ces blanches tourelles « Sous deux clochetons « Que défendent-elles?
— (( Prends ces forteresses
« Avec des caresses,
(( La route sera
« Bientôt achevée,
« Baiser sonnera
« Pour cette arrivée. »
Chanson d'été i8r
Je pris l'offensive
Et gagnai la rive :
(c Quel est ce séjour ? »
— <( C'est, repartit Lise,
« Du pays d'amour
« La terre promise. »
MANUEL, éditeur, rue Joubert, 23.