‹ Chansons chimériquesChapitre 40 sur 48 · LES PARQUES · texte numérisé non relu

LES PARQUES

A Edmond Gros.

Moderalo

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ment En courant des amours nou-vtl. les .

A celle dont je fus épris,

Je fis, un jour que j'étais gris,

Doux serments d'amours éternelles ;

Et depuis, las ! fatalement

Je violai ce beau serment

En courant des amours nouvelles.

Pour celle dont je fus épris Et qui n'a pas encor compris Les énigmes de Tâme humaine, Je composai cette chanson Qui lui servira de leçon Dans quelque passion prochaine.

O celle dont je fus épris, N'as-tu point autrefois appris

Les Parques 191

Que trois déesses infernales :

Clotho, Lachésis, Atropos, Filent et filent sans repos De nos jours les trames fatales ?

O celle dont je fus épris, Pour que tu chasses à tout prix De ton cœur les peines secrètes, Sache donc qu'il existe, hélas !

Trois Parques filant ici-bas Les trames de nos amourettes !

O celle dont je fus épris.

Ce que j'avance je le pris

Au cours d'une émouvante fouille

Au puits profond du Souvenir.

L'une d'elles a nom : Désir,

Et tient en ses mains la quenouille !

O celle dont je fus épris, Lors, voici ce que je surpris

En poussant plus loin mon étude Celle des Parques qui, sans bruit, File, file le jour, la nuit Porte ce doux nom : Habitude.

O celle dont je fus épris,

C'est une vieille aux traits flétris

Qui décide des brèves chaînes.

Cette Parque s'appelle : Ennui

Et des ciseaux porte celui

Qui tranche les amours humaines !

O celle dont je fus épris, A d'autres, quand je serai gris.

Je ferai mon serment d'ivrogne.

En pourra- t-il être autrement, Tant que ces Parques lentement Peineront la même besogne !

Reproduction autorisée par G. ONDET, éditeur, 85, faubourg Saint-Denis, Paris, — Prix pour chant seul, o fr. 35. Avec accompagnement de piano, 1 fr.

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