LES PARQUES
A Edmond Gros.
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ment En courant des amours nou-vtl. les .
A celle dont je fus épris,
Je fis, un jour que j'étais gris,
Doux serments d'amours éternelles ;
Et depuis, las ! fatalement
Je violai ce beau serment
En courant des amours nouvelles.
Pour celle dont je fus épris Et qui n'a pas encor compris Les énigmes de Tâme humaine, Je composai cette chanson Qui lui servira de leçon Dans quelque passion prochaine.
O celle dont je fus épris, N'as-tu point autrefois appris
Les Parques 191
Que trois déesses infernales :
Clotho, Lachésis, Atropos, Filent et filent sans repos De nos jours les trames fatales ?
O celle dont je fus épris, Pour que tu chasses à tout prix De ton cœur les peines secrètes, Sache donc qu'il existe, hélas !
Trois Parques filant ici-bas Les trames de nos amourettes !
O celle dont je fus épris.
Ce que j'avance je le pris
Au cours d'une émouvante fouille
Au puits profond du Souvenir.
L'une d'elles a nom : Désir,
Et tient en ses mains la quenouille !
O celle dont je fus épris, Lors, voici ce que je surpris
En poussant plus loin mon étude Celle des Parques qui, sans bruit, File, file le jour, la nuit Porte ce doux nom : Habitude.
O celle dont je fus épris,
C'est une vieille aux traits flétris
Qui décide des brèves chaînes.
Cette Parque s'appelle : Ennui
Et des ciseaux porte celui
Qui tranche les amours humaines !
O celle dont je fus épris, A d'autres, quand je serai gris.
Je ferai mon serment d'ivrogne.
En pourra- t-il être autrement, Tant que ces Parques lentement Peineront la même besogne !
Reproduction autorisée par G. ONDET, éditeur, 85, faubourg Saint-Denis, Paris, — Prix pour chant seul, o fr. 35. Avec accompagnement de piano, 1 fr.