‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 48 sur 227 · LE VILAIN · texte numérisé non relu

LE VILAIN

Hé quoi ! j'apprends que l'on critique

Le de qui précède mon nom.

Êtes-vous de noblesse antique?

Moi, noble ! oh ! vraiment, messieurs, non.

Non, d'aucune chevalerie 5

Je n'ai le brevet sur vélin.

Je ne sais qu'aimer ma patrie... (Bis.)

Je suis vilain et très vilain, (Bis.)

Je suis vilain,

Vilain, vilain. 10

Ah ! sans un de j'aurais dû naître ;

Car, dans mon sang si j'ai bien lu,

Jadis mes aïeux ont d'un maître

Maudit le pouvoir absolu.

Ce pouvoir, sur sa vieille base, 15

Etant la meule du moulin,

Ils étaient le grain qu'elle écrase.

Je suis vilain et très vilain,

Je suis vilain,

Vilain, vilain. 20

Mes aïeux jamais dans leurs terres N'ont vexé des serfs indigents :

Jamais leurs nobles cimeterres Dans les bois n'ont fait peur aux gens.

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