‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 57 sur 227 · LE JUGE DE CHARENTON · texte numérisé non relu

LE JUGE DE CHARENTON

J'ai longtemps vanté son empire Mais j'étais alors payé pour cela.'

Et patati, et patata.

Pouvait-on s'attendre à ce discours-là* 20

' Le drame et Galimafré

Corrompent nos cuisinières.

En frac on voit un curé,

Et nos enfants ont trois pères.

Le mariage est un loyer : 25

On entre en octobre, on sort en janvier.

Les cachemires adultères Nous donnent la peste, et ma femme en a.'

Et patati, et patata.

Il a mis de tout dans ce discours-là. 30

' Pour débaucher un mari,

Que les filles ont d'adresse !

Sous madame Dubarri,

Elles allaient à confesse.

Ah ! qu'enfin (et le terme est clair) 3 5

L'épouse et l'époux ne soient qu'une chair ;

Et vous, qui nous tentez sans cesse, Filles, respectez l'habit que voilà.'

Et patati, et patata.

Rien n'est plus moral que ce discours-là. 40

1 Mais, triste effet du typhus,

Au lieu d'église on élève

Le temple du dieu Plutus,

Qui sera beau s'il s'achève.

Partout régnent les intrigants ; 45

On n'interdit plus les extravagants :

Ce dernier point n'est pas un rêve, Puisque en robe ici je dis tout cela.'

Et patati, et patata.

On trouve du bon dans ce discours-là. s°

Il poursuivait sur ce ton,

Quand deux bisets, sous les armes,

Remènent à Charenton

Cet orateur plein de charmes.

Néanmoins l'avocat Bêlant 5 5

S'écrie : Ah ! les fous ont bien du talent !

J'ai fait rire et verser des larmes ; Mais je n'ai rien dit qui valût cela.

Et patati, et patata.

C'est moi qu'on sifflait sans ce discours-là. 60

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