‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 72 sur 227 · LE RETOUR DANS LA PATRIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DANS LA PATRIE

Qu'il va lentement le navire A qui j'ai confié mon sort !

Au rivage où mon cœur aspire, Qu'il est lent à trouver un port !

France adorée ! 5

Douce contrée !

Mes yeux cent fois ont cru te découvrir. Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir. 10 Mais enfin le matelot crie :

Terre ! terre ! là-bas, voyez !

Ah ! tous mes maux sont oubliés.

Salut à ma patrie ! {Ter.)

Oui, voilà les rives de France ; 1 5

Oui, voilà le port vaste et sûr, Voisin des champs où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur.

France adorée !

Douce contrée ! 20

Après vingt ans enfin je te revois ; De mon village Je vois la plage ; Je vois fumer la cime de nos toits.

Combien mon âme est attendrie ! 25

Là furent mes premiers amours ; Là ma mère m'attend toujours.

Salut à ma patrie !

Loin de mon berceau, jeune encore, L'inconstance emporta mes pas 30

Jusqu'au sein des mers où l'aurore Sourit aux plus riches climats.

France adorée !

Douce contrée !

Dieu te devait leurs fécondes chaleurs. 35

Toute l'année, Là, brille ornée De fleurs, de fruits, et de fruits et de rieurs. Mais là, ma jeunesse flétrie Rêvait à des climats plus chers ; 40

Là je regrettais nos hivers.

Salut à ma patrie !

J'ai pu me faire une famille,

Et des trésors m'étaient promis.

Sous un ciel où le sang pétille, 45

A mes vœux l'amour fut soumis.

France adorée !

Douce contrée !

Que de plaisirs quittés pour te revoir !

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