LE MALADE
Un mal cuisant déchire ma poitrine,
Ma faible voix s'éteint dans les douleurs
Et tout renaît, et déjà l'aubépine
A vu l'abeille accourir à ses fleurs.
Dieu d'un sourire a béni la nature ; 5
Dans leur splendeur les cieux vont éclater.
Reviens, ma voix, faible, mais douce et pure :
Il est encor de beaux jours à chanter.
Mon Esculape a renversé mon verre :
Plus de gaieté ! mon front se rembrunit ; 10
Mais vient l'Amour et le mois qu'il préfère : Déjà l'oiseau butine pour son nid.