‹ Chansons choisiesChapitre 106 sur 155 · LE VOYAGE IMAGINAIRE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE IMAGINAIRE

De Phidias j'encensai les merveilles; De l'Ilissus j'ai vu les bords fleurir. J'ai sur l'Hymèle éveillé les abeilles; C'est là, c'est là, que je voudrais mourir.

Dieux! qu'un seul jour, éblouissant ma vue, Ce beau soleil me réchaufTe le cœur!

La Liberté, que de loin je salue.

Me crie: Accours, Tbrasybule est vainqueur. Partons! parlons I la barque est préparée. Mer, en ton sein, garde-moi de périr.

Laisse ma muse aborder au Pirée; C'est là, c'est là, que je voudrais mourir.

Il est bien doux le ciel de l'Italie,

Mais l'esclavage en obscurcit l'azur.

Vogue plus loin, nocher, je l'en supplie;

Vogue, où là-bas renaît un ciel si pur.

Quels sont ces flols? Quel est ce roc sauvage?

Quel sol brillant à mes yeux vient sofirir ?

La tyrannie expire sur la plage;

C'est là, c'est là, que je voudrais mourir.

Daignez au port accueillir un barbare, Vierges d'Alhène, encouragez ma voix.

Pour vos climats je quitte un ciel avare. Où le génie est l'esclave des rois, Sauvez ma lyre, elle est persécutée; Et, si mes chants pouvaient vous attendrir, Mêlez ma cendre aux cendres de Tyrtée : Sous ce beau ciel je suis venu mourir.

186 l'iu-octavo.

Ii*Iii-OctaTO

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