‹ Chansons choisiesChapitre 125 sur 155 · LA MOUCHE · texte numérisé non relu

LA MOUCHE

— Adrien, m'a-t-on dit, ma mère, Gérait dans des cachots flotianti.

On repousse la main flétrie

Qu'il étend vers un pain grossier.

File, file, pauvre Marie, Pour secourir le prisonnier; File, file, pauvre i^Iarie, File, file pour le prisonnier.

Ma nile, j'ai naguère encore Rêvé qu'il était ton époux.

Même avant la trentième aurore Mes rêves s'accomplissent tous,

— Quoi ! l'herbe à peine refleurie Verra le retour du guerrier!

File, file, pauvre Marie,

Pour secourir le prisonnier; File, file, pauvre Marie, File, file pour le prisonnier.

Jia HloiicUe*

Air: Je loge au quatrième éiagê.

Au bruit de notre gaîté folle Au bruit des verres, des chansons, Quejle mouche murmure et vole, El revient quand nous la chassons?

C'est quelque dieu, jo le soupçonne, Qu'un peu de bonheur rend jaloux.

LA MOUGHR.

N« souffrons point qu'elle bourdonae, Qa'elle bourdonne autour de nous.

Transformée en mouche hideuse,' Amis, oui, c'est, j'en suis certain, La Raison, déilé grondeuse, Qu'irrite un si joyeux festin.

L'orage approche, le ciel tonne, Voilà ce que dit son courroux.

Ne souffrons point qu'elle bourdonnci Qu'elle bourdonne autour de nous.

C'est la Raison qui vient me dire:

„A ton âge on vit en reclus.

„Ke bois plus tant, cesse de rire; ,, Cesse d'aimer, ne chante plus." Ainsi, son beffroi toujours sonne Aux lueurs des feux les plus doux, Ne souffrons point qu'elle bourdonne, Qu'elle bourdonne autour de nous.

C'est la Raison: gare à Lisette!

Son dard la menace toujours.

Dieux! il perce la collerette:

Le sang coule! accourez, Amours!

Amours, poursuivez la félonne; Qu'elle expire enfin sous vos coups.

Vie souffrons point qu'elle bourdonne, Qu'elle bourdonne autour de nouit.

Victoire! amis, elle se noie Dans l'Aï que Lise a versé.

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