LE CORDON
Puis, montrons-la courant plaindre des peines, Rendre au malheur l'espoir qui s'envolait. Et consoler un ami dans les chaînes.
Je veux sortir; le cordon, s'il vous plaît. Le cordon, le cordon, s'il vous plaît.
Mais mon portier, las de se taire,
Répond qu'on ne sort pas ainsi ;
Que j'écrive au propriétaire;
Que je dois trois termes ici.
Fêtez Marie, ô vous à qui l'on ouvre; Sans moi, pour elle, enfantez maint couplet. Je rougirais d'envoyer dire au Louvre:
Je veux sortir; le cordon, s'il vous plaît. Le cordon, le cordon, s'il vous plaît.
I^aEdeur et Beauté.
Air: (^est à mon maître en Vart de plaire.
Sa trop grande beauté m'obsède; C'est un masque aisément trompear.
Oui, je voudrais qu'elle fût laide, Mais laide, laide à faire peur.
Belle ainsi faut-il que je l'aime!
Dieu, reprends ce don éclatant, Je le demande à l'enfer même:
Qu'elle soit laide et que je l'aime autant.
lAIDBtJR BT BBAUTB.
A ces mois m'apparatt le diable:
C'est le père de la laideur.
,, Rendons-la, dii-il, effroyable. ^ „De tes rivaux trompons l'ardeur.
„j'aime assez ces métamorphoses.
„Ta belle ici vient en chantant; „Perles, tomber; faner-vous, roses.
„La voilà laide et la l'aimes aulanl.*'
Laide I moi! dit-elle, étonnée.
Elle s'approche d'un miroir, Doutft d'abord, puis consternée, Tombe en un morne désespoir.
,,Pour moi seul tu jurais de vivre/* Lui dis-je, à ses pieds me jclatit; ,,A mon seul amour il le livre.
„Plus laide encor, je l'aimerais autant.
Ses yeux éteints fondent en larmes, Alors sa dou'.eur m'ailendrii.
Ab! riaàez, rendez-lui ses charme», ^oit! répond Satan qui sourit.
Ainsi que naît la fraîche aurore, Sa beauté renaît à l'instant.
Elle est, je crois, plus belle encore.
Elle est plus belle et moi je l'aime autant.
Vite, au miroir elle s'assure Qu'on lui rend bien tous ses appas.
Des pleurs restent sur sa Ogure, Qu'elle essuie en grondant tout bas.