LES OISEAUX
Qu'ils aillent d'un bord plus tranquille Charmer les heureux habitants.
Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.
Oiseaux fixés sur celte plage.
Nous portons envie à leur sorU Déjà plus d'un sombre nuage S'élève et gronde au fond du nord.
Heureux qui sur une aile agile Peut s'éloigner quelques instants!
Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps.
Ils penseront à notre peine.
Et, l'orage enfin dissipé.
Ils reviendront sur le vieux chêne
Que tant de fois il a frappé.
Pour prédire au vallon fertile
De beaux jours alors plus constants,
Les oiseaux que l'hiver exile
Reviendront avec le printemps.
li'Hiver.
Air : Une fille est un oiseau.
Les oiseaux nous ont quittes; Déjà l'hiver, qui les chasse.
Étend son manteau de glace Sur nos champs et nos cités.
A mes vilres scinlillanles Il trace dts fleurs brillantes ; Il rend mes portes bruyantes, El fait grelotter mon chien.
Réveillons, sans plus attendre, Mon feu qui dort sous la cendre.
Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
O voyageur imprudent!
Retourne vers ta famille.
J'en crois mon feu qui pétille,
Le froid devient plus ardent.
Moi, j'en puis braver l'injure ;
Rose, en douillette, en fourrure,
Ici, contre la froidure
Vient m'offrir un doux soutien.
Rose, tes mains sont de glace; <
Sur mes genoux prends ta place.
Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
L'ombre s'avance, et la nuit Roule son char sur la neige.
Rose, l'amour nous protège ; C'est pour nous que le jour fuit.
Mais un couple nous arrive:
Joyeux ami, beauté vive, Entrer tous deux sans qui vive : Le plaisir n'y perdra rien.
Moins de froid que de tendresse.
Autour du feu qu'on se presse.
ChauCfoos-nous, chauffons-nous bien.
Les caresses ont cessé
Devant la lampe indiscrète.
Un festin que Rose apprête,
Gaîment par nous est dressé.
Notre ami s'est fait à table,
D'un brigand bien redoutable
Et d'un spectre épouvantable
Le Adèle historien.
Tandis que le punch s'allume.
Beau du feu qui le consume,
Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
Sombre hiver, sous tes glaçons
Ensevelis la nature ;
Ton aquilon qui murmure
Ne peut troubler nos chansons.
Notre esprit, qu'amour seconde,
Au coin du feu crée un monde
Qu'un doux ciel toujours féconde,
Oîi s'aimer tient lieu de bien.
Que nos portes restent closes.
Et, jusqu'au retour des roses.
Chauffons-nous, chaufFons-nous bien.
Ma îtépaililii^iie.
Air du vamleville de la Petite Gouvernante, ou de la Robe et des Bottes.
J'ai pris goût à la république Depuis que j'ai vu tant de rois ;
MA RBPUBUQUE.
Je m'en fais une, et je m'applique A lui donner de bonnes lois.
On n'y commerce que pour boire, On n'y juge qu'avec gaîté :
Ma table est tout son territoire.
Sa devise est la liberté.
Amis, prenons tous notre verre:
Le sénat s'assemble aujourd'hui ;
D'abord, par un arrêt sévère,
A jamais proscrivons l'ennui.
Quoi! proscrire! Ah! ce mot doit être
Inconnu dans notre cité:
Chez nous l'ennui ne pourra naître,
Le plaisir suit la liberté.
Du luxe dont elle est blessée
La joie ici défend l'abus;
Point d'entraves à la pensée,
Par ordonnance de Bacchus.
A son gré que chacun professe
Le culte de sa déilé ;
Qu'on puisse aller même à la meese,
Ainsi le veut la liberté.
La noblesse est trop abusive:
Ne parlons point de nos ai>ux.
Point de titres, même au convive Qui rit le plus, ou boit le mieux.
Et si quelqu'un, d'humeur traîtresse, jlispirait à la royauté,
MON AMK. 55
Plongeons ce César dans l'ivresse; Nous sauverons la liberté.
Trinquons à noire république Pour voir son destin affermi.
Mais ce peuple si pacifique Déjà redoute un ennemi:
C'est Lisette, qui nous rappelle Sous les lois de la volupté ; Elle veut régner, elle est belle, C'en est fait de la liberté.
Mon Ame*
Air des Scythes et des Amazones.
C'est à table, quand je m'enivre De gaîté, de vin et d'amour, Qu'incertain du temps qui va suivre, J'aime à prévoir mon dernier jour, {bis.)
Il semble alors que mon ame me quitte.
Adieu! lui dis-je, à ce banquet joyeux.
Ah! sans regret, mon ame, partez vite:
En souriant remontez dans les cieux, Remontez, remontez dans les cieux.
Vous prendrez la forme d'un ange; De l'air vous parcourrez les champs.
Votre joie, enfin sans mélange.
Vous dictera les plus doux chants.
bis.