LES CHAMPS
Ah! sans regret, mon ame, parlez vile:
En souriant remonlez dans les cieux, Remontez, remontez dans les eieux.
N'attendez plus, partez, mon ame,
Doux rayon de l'aslre éternel!
Mais passez des bras d'une femme
Au sein d'ua Dieu tout paternel.
L'Aï pétille à défaut d'eau bénite ; De vrais amis viennent former mes yeux. Ah ! sans regret, mon ame, parlez vite : En souriant remontez dans les cieux.
Remontez, remontez dans les cieux.
lies Clianaps.
Air: Mon amour était pour Marie,
Rose, partons; voici l'aurore, Quitte ces oreillers si doux. Entends-tu la cloche sonore Marquer l'heure du rendez-vous?
Cherchons, loin du bruit de la ville.
Pour le bonheur un sûr asile.
Viens aux champs couler d'heureux jours: Les champs ont aussi leurs amours.
Viens aux champs fouler la verdure, Donne le bras à ton amant.
Rapprochons-nous de la nature Pour nous aimer plus tendrement.
58 LESi CBAXPS.
Des oiseaux la troupe éveillée,
Nous appelle sous la feuillée.
Viens aux champs couler d'heureux jours;
Les champs ont aussi leurs amours.
Nous prendrons les gcùls du village ;
Le jour naissant t'éveillera ;
Le jour mourant sous le feuillage
A noire couche nous r'ïr«'*ra.
Puisses-tu, maîtresse adorée,
Te plaindre en^or de sa durée!
Viens aux champs couler d'heureux jours ;
Les champs ont aussi leurs amours.
Quand l'été vers un sol fertile Conduit des moissonneurs nombreux:
Quand, près d'eux, la glaneuse agile Cherche lépi du malheureux; Combien, sur les gerbes nouvelles, De baisers pris aux pastourelles ! Viens aux champs couler d'heureux jours; Les champs ont aussi leurs amours.
Quand des corbeilles de l'automne
S'épanche à dois un doux nectar.
Près de la cuve qui bouillonne
On voit s'égayer le vieillard ;
Et cet oracle du village
Chante les amours d'un autre âge.
Viens aux champs couler d'heureux jours ;
Les champs eut aussi leurs amours.