ADIEUX A DES AMIS
Mais une ardeur importune
En roule met chaque humain:
Fouette, cocher ! dit la Fortune ; Et nous voilà sur le chemin.
Ne va point voir ta maîtresse,
Ne va point au cabaret,
Me vient dire avec rudesse
Un médecin indiscret :
Mais Lisette est si jolie!
Mais si doux est le bon vin!
Fouette, cocher î dit la Folie ; Et me voilà sur le chemin.
Parmi vous bientôt, peut-être.
Je chanterai mon retour.
Déjà je crois voir renaître
L'aurore d'un si beau jour.
L'allégresse que j'encense
A mon paquet met la main.
Fouette, cocher! dit l'Espérance; Et me voilà sur le chemin.
^Bremii^is.
ou LA VIGNE PLANTÉE DANS LES GAULES.
Air nouveau de M. JVllkem, ou de Pierre le Grand.
Brennus disait aux bons Gaulois :
Célébrez un triomphe insigne !
Les champs de Rome ont payé mes exploits,
Et j'en rapporte un cep de vigne :
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Privés de son jus tout-puissant, Nous avons vaincu pour en boire.
Sar nos coteaux, que le pampre naissant
Serve à couronner la Victoire.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Un jour, par ce raisin vermeil.
Des peuples vous serez l'envie.
Dans son nectar plein des feux du soleil,
Tous les arts puiseront la vie.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Quittant no$ bords favorisés.
Mille vaisseaux iront sur l'onde, Chargés de vins, et de fleurs pavoises,
Porter la joie autour du monde.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Femmes, nos maîtres absolus.
Vous qui préparez nos arm-ires.
Que sa liqueur soit un baume de plus
Versé par vous sur nos blessures.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Soyons unis, et nos voisins
Apprendront qu'en des jours d'alarmes le faible appui que l'on donne aux raisins
Peut vaincre à défaut d'autres armes.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours l'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Bacchus, d'embellir ses deslins
Un peuple hospitalier te prie:
Fais qu'un proscrit, assis à nos festins,
Oublie un moment sa patrie.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Brennus alors bénit les cieux,
Creuse la terre avec sa lance, Plante la vigne: et les Gaulois joyeux.
Dans l'avenir ont vu la France.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
ISi J'étais petit Oiseau.
Air nouveau de M. Wilhem; ou 11 faut que Von file doux.
Moi qui, même auprès des belles.
Voudrais vivre en passager.
Que je porte envie aux ailes De l'oiseau vif et léger!
SI J*éTAIS PBTIT OISBAU.
Combien d'espace il visite!
A voltiger tout l'invite:
L'air est doux, le ciel est beau.
Je volerais vite, vite, vile, Si j'étais petit oiseau.
C'est alors que Philomèle M'enseignant ses plus doux sons.
J'irais de la pastourelle Accompagner les chansons.
Puis j'irais charmer l'ermite Qui, sans vendre l'eau bénite, Donne aux pauvres son manteau.
Je volerais vite, vite, vite.
Si j'étais petit oiseau.
Puis j'irais dans le bocage.
Où des buveurs en gatté.
Attendris par mjon ramage, Ne boiraient qu'à la beauté :
Puis ma chanson favorite.
Aux guerriers qu'on déshérite, Ferait chérir le hameau.
Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.
Puis j'irais sur les tourelles Où sont de pauvres captifs, En leur cachant bien mes ailes.
Former des accords plaintifs.
L'un sourit à ma visite; L'autre rêve, dans son gîte.
SI j'étais petit oisbau. 81
Aux champs où fut son berceau.
Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.
Puis, voulant rendre sensible Un roi qui fuirait l'ennui, Sur un olivier paisible, J'irais chanter près de lui.
Puis j'irais jusqu'où s'abrite " Quelque famille proscrite, Porter de l'arbre un rameau.
Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.
Puis, jusques où naît l'aurore, Vous, méchants, je vous fuirais, A moins que l'Amour encore Ne me surprît dans ses rets ; Que, sur un sein qu'il agite.
Ce chasseur que nul n'évite.
Me dresse un piège nouveau :
J'y volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.
lie Bon Vieillard,
Air : Contentons-nous d'une simple bouteille.
Joyeux enfants, vous que Bacchus rassemble,
Par vos chansons vous m'attirez ici.
Je suis bien vieux ; mais en vain ma voix tremble;