LE CADAVRE
% Andantino
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ii8 Chansons cruelles
A F.- H. DiiqiiesneJ.
Je vais dans la nuit de la route, Le cœur, chargé d'un lourd fardeau ; Je pleure et je cherche et je doute, Où poser ce fatal cadeau :
C'est un cadavre, à griffe rouge.
Qui me ronge, comme un vautour, Et me suce, comme une gouge :
Le cadavre de notre amour.
Je vais, dans la brise qui gronde, Comme un lépreux, comme un maudit, Courbé sous la charogne immonde.
Dont la pesanteur m'étourdit.
Je veux l'enfouir; je regarde, Traînant, comme un bœuf au labour :
Le sol refuse, et, je le garde.
Le cadavre de notre amour.
Le cadavre iig
Pour consumer sa flétrissure, Par un épurement certain, J'ofïris la sanglante blessure Au feu : mais le feu s'est éteint.
Je roulai dans la mer hurlante :
Mais, la mer fit un grand détour, Laissant, sous ma peau pantelante.
Le cadavre de notre amour.
Le sang se fige dans mes veines.
Et mon lugubre postillon.
Malgré mes résistances vaines, Me pénètre de son haillon.
Je sens s'amollir mes vertèbres Et ma chair pourrir à son tour; Et j'emporte dans les ténèbres.
Le cadavre de notre amour.