‹ Chansons cruellesChapitre 29 sur 37 · LIED PLATONIQUE · texte numérisé non relu

LIED PLATONIQUE

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i68 Chansons douces

A Antoinette.

Sur l'eau dormante des étangs, Mes rêves glisseraient tranquilles, Loin des troubles inquiétants, Et des spasmes nerveux des villes.

Dans Tombre douce des halliers, Au bercement lent du feuillage, Je promènerais votre image, Si vous vouliez.

J'aurais pour ciel tes grands yeux bleus. Où passent, colombes pressées, S'envolant, nuage frileux, L'essaim léger de tes pensées.

J'aurais tes bras blancs pour palais.

J'aurais pour fruits : ta bouche humide Et le corail d'un sein timide, Si tu voulais.

Lied platonique lôg

J'aurais pour mer ta toison d'or, Les flots roux de ta chevelure, Et, comme un pêcheur, qui s'endort.

Au rythme lourd de sa voilure, Je bercerai mes songes laids Dans tes torsades bien-aimées Et dans leurs vagues parfumées.

Si tu voulais.

Non..., l'amour trop vite se meurt; Ce n'est qu'un hôte de passage :

De vous, pas de mauvaise humeur, Je jure que je serai sage.

Un genou près de vos souliers, Je cueillerai sans autre chose, Un baiser sur votre ongle rose...

Si vous vouliez.

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