‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 22 sur 82 · LE COMTE DE CHAMBORD · texte numérisé non relu

LE COMTE DE CHAMBORD

SONNET

Enfant déshérité des races conquérantes, Tombé du fier pavois dans le commun troupeau. D'un cœur ferme et vaillant dans nos luttes ardentes, Tu redressas le front au-dessus du niveau.

Ce nom fait pour planer sur les foules tremblantes Aux peuples oublieux tu l'appris de nouveau ; Mais fier, et dédaigneux des rumeurs inconstantes, Un seul jour tu voulus arborer ton drapeau.

Et ce dernier éclat, dans notre siècle sombre, Jeté sur le déclin de ta race qui sombre, Tu crus avoir payé ta dette à tes aïeux.

Tu croisas tes deux bras dans un silence austère, Et t'endormis pensif du sommeil de la terre. Ton blason sur le coeur et le regard aux cieux.

Dernier numéro du "journal L'Evénement de La Rochelle où j'écrivais sous le nom d'Alceste.

Puisque r Evénement a fini sa carrière, Puisqu'Alceste a perdu son éternel procès, Puisque, las d'espérer, il faut qu'il désespère En rêvant tristement à ses anciens succès ;

Oui, puisque La Rochelle, altière Célimène, A dédaigné l'ardeur de l'homme aux rubans verts, Et dit, avec un ton de marquise ou de reine : Sa prose me fatigue aussi bien que ses vers.

Qu'il meure ! Mais du moms à la manière antique. Avec grâce, et qu'on dise en le voyant tomber : La chute en est jolie, imposante, héroïque. Et c'est ainsi que doit Alceste succomber.

Voici donc les adieux sans fiel et sans rancune Qu'il fait à ses amis, courtisans du malheur :

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