REPONSE
Faguet, ennemi du Carême,
Ton cœur aime A manger gras, à boire sec ; Et ta muse toujours gourmande
Me demande Un régal pour son petit bec.
Veritre affamé n'a pas d'oreilles !
Mes bouteilles N'ont d'un trésor que l'air poudreux En vain on brise leur cuirasse !
Plus de trace De vin, le verre sonne creux.
D'ailleurs je n'ai pas la saillie Qui s'allie
A la gaîté du franc buveur :
J*al l'humeur d'un hibou nocturne
Dans sa turne :
Je suis rasant comme un rêveur.
Plains-moi, Faguet, tout n'est pas rose !
A la prose je SUIS enchaîné pour longtemps :
La rime fuit et l'âpre bise
Cristallise Mes vers, glaçons de mes printemps.
Donc sois clément pour ma détresse :
La traîtresse Ne mérite que la pitié ; Mais du moins, la corvée est faite
Et ma dette A pour garant mon amitié.
5 décembre 1877.