‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 33 sur 82 · REPONSE · texte numérisé non relu

REPONSE

Faguet, ennemi du Carême,

Ton cœur aime A manger gras, à boire sec ; Et ta muse toujours gourmande

Me demande Un régal pour son petit bec.

Veritre affamé n'a pas d'oreilles !

Mes bouteilles N'ont d'un trésor que l'air poudreux En vain on brise leur cuirasse !

Plus de trace De vin, le verre sonne creux.

D'ailleurs je n'ai pas la saillie Qui s'allie

A la gaîté du franc buveur :

J*al l'humeur d'un hibou nocturne

Dans sa turne :

Je suis rasant comme un rêveur.

Plains-moi, Faguet, tout n'est pas rose !

A la prose je SUIS enchaîné pour longtemps :

La rime fuit et l'âpre bise

Cristallise Mes vers, glaçons de mes printemps.

Donc sois clément pour ma détresse :

La traîtresse Ne mérite que la pitié ; Mais du moins, la corvée est faite

Et ma dette A pour garant mon amitié.

5 décembre 1877.

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