‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 105 sur 206 · L'EXILÉ · texte numérisé non relu

L'EXILÉ

(jAWVXBR 1817.)'

Air : Ermite , bon Ermite.

À d'aimables compagnes Une jeune beauté Disait : Dans nos campagnes Règne l'humanité.

Un étranger s'avance ,

Soi parmi nous errant , edemandela France Qu'il chante en soupirant.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Bendons une patrie , Une patrie Au pauvre exilé.

Près d'un ruisseau rapide Vers la France entraîné , Il s'assied , l'œil humide , Et le front incliné. Dans les champs qu'il regrette Il sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrête Vont promener leur cours .

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie ,

Une patrie

Au paayre exilé.

Quand sa mère, peut- être, Implorant son retour, Tombe aux genoux d'un maître Que toucbe son amour.

Trahi par la yictoire , €e proscrit , dans nos bois , Inquiet de sa gloire , Fuit la haine des rois.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie , Une patrie iu pauvre exilé.

De rivage en rivage Que sert de le bannir ?

Partout de son courage Il trouve un souvenir.

Sur nos bords , par la guerre Tant de fois envahis , Son sang même a naguère Coulé pour son pays.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie , Une patrie Au pauvre exilé.

2a6 Dans nos destins contraires y On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos frères Taincus et prisonniers.

De ces temps de conquêtes Rappelons4ui le cours ; Qu'il trouve ici des fêtes, Et surtout des amours.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.

Si notre accueil le touche , Si , par nous abrité, Il s'endort sur la couche De l'hospitalité , Que par nos voix légères Ce Français réveillé, Sous le toit de ses pères Croie avoir sommeillé.

D'une terre chérie C'est un fils désolé.

Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.

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