‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 107 sur 206 · LA PETITE FÉE · texte numérisé non relu

LA PETITE FÉE

Air: C'est le meiUeor homme du monde.

OU: J'éUis bou chasseur autrefois.

Enfansy il était une fois Une fée appelée Urgande , Grande à peine de quatre doigts , Mais de bonté yraiment bien grande.

De sa baguette un ou deux coups Donnaient félicité parfaite.

Àh! bonne fée, enseignei-nous Où TOUS cachez votre baguette !

Dans un couqae de saj^hir , De huit papillons attelée , Elle passait comme an zéphyr , Et la terre était consolée.

Les raisins mûrissaient plus doux, Chaque moisson était complète.

Àh ! bonne fée , enseignez-nous Où TOUS cachez Totre baguette î

C'était la marraine d'an roi

Dont elle créait les ministres :

EraTCS gens , soumis à la loi ,

Qui laissaient Toir dans leurs registres.

Du bercail ils chassaient les loups

Sans abuser de la houlette.

Àh ! bonne fée , enseignei-noas Où TOUS cachez votre baguette!

Les juges , sous ce roi puissant , Étaient l'organe de la fée ; Et par eux jamais Pinnocent Ne TOjait sa plainte étouffée.

Jamais pour Terreur à genoux La démence n'était muette.

Àh ! bonne fée , enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Pour que son filleul fût béni , Elle avait touché sa couronne.

n voyait tout son peuple uni , Prêt à mourir pour sa personne.

S'il venait des voisins jaloux , On les forçait à la retraite.

Ah! bonne fée , enseignez-nous Où vous cachez votre baguette I

Dans un beau palais de cristal, Hélas ! Urgande est retirée.

En Amérique tout Va mal ; Au plus fort l'Asie est livrée.

Nous éprouvons un sort plus doux :

Mais pourtant , si bien qu'on nous traite , Ah ! bonne fée , enseignez-nous Où TOUS cachez votre baguette !

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