‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 112 sur 206 · LA RÊVERIE · texte numérisé non relu

LA RÊVERIE

Air : La ûgnora malade.

Loin d'une Iris yolage Qu'un seigneur m'enlevait , Au printemps , sous l'ombrage , Un jour mon cœur rérait.

Privé d'une infidelle, 11 rêvait qu'une autre belle Yolait à mon secours. Tenez, venez, venez , mes amours ! ( bis,)

Cette belle était tendre , Tendre et fière à la fois.

11 me semblait Tentendre Soupirer dans les bois.

C'était une princesse.

Qui respirait la tendresse Loin de l'éclat des cours.

Tenez , venez , venez , mes amours l

Je Pentendais se plaindre Du poids de la grandeur.

Cessant de me contraindre , Je lui peins mon ardeur.

Mes yeux versent des larmes , Ravis de voir tant de charmes Sous de si beaux atours.

Tenez, venez, venez, mes amours !

Telle était la merveille Dont je flattais mes sens.

Quand soudain mon oreille S^ouvre aux plus doux accens.

Si c'est vous, ma princesse, Des roses de la tendresse Venez semer mes jours.

Tenez y venez, venez, mes amours !

Mais non : c^est la coquette Du village voisin , Qui m'offire une conquête , En corset de basin.

Grandeurs, je vous oublie!

Cette fille est si jolie !

Ses jupons sont si courts !

Tenez, venez, venez, mes amours!

BRÊNNUS, ov

LA TIGNE PLAlfTl^B DAIÎS LES GAULES.

Air nouveau de M. Wiihem.

ou de Pierre le Grand.

Brennus dûait aux bons Gaulois :

Célébrez un triomphe insigne !

Les champs de Rome ont payé mes exploits ,

Et j'en rapporte un cep de vigne :

Grâce à layigne, unissons pour toujours); . L'honneur, les arts, la gloire et les amours.> - *

Privés de son jus tout-puissant, Nous avons vaincu pour en boire.

Sur nos coteaux, que le pampre naissant

Serve à couronner la victoire.

Grà(^ à la vigne, unissons pour toujours L'honneur , les arts , la gloire et les amours.

Un jour, par ce raisin vermeil,

Des peuples vous serex l'envie.

Dans son nectar plein des feux du soleil ,

Tous les arts puiseront la vie.

Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur , les arts, la gloire et les amours.

Quittant nos bords favorisés, Mille vaisseaux iront sur l'onde ,

a4i Chargés de vins, et de fleurs pavoises ,

Porter la joie autour du monde.

Grâce à la vigne , unissons pour toujours L'honneur , les arts , la gloire et les amours.

Femmes , nos maîtres absolus, Tous qui préparez nos armures ,

Que sa licpeur soit un baume de plus Yersé par vous sur nos blessures.

Grâce à la vigne, unissons pour toujours.

L'honneur, les arts , la gloire et les amours.

Soyons unis et nos voisins

Apprendront qu'en des jours d'alarme Le faible appui que l'on donne aux raisins

Peut vaincre à défaut d'autres armes.

Grâce à la vigne , unissons pour toujours L'honneur , les arts , la gloire et les amours.

Bacchus , d'embellir ses destins Un peuple hospitalier te prie :

Fais qu'un proscrit, assis à nos festins,

Oiô>lie un moment sa patrie.

Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur , les arts , la gloire et les amours.

Brennus alors bénit les cieux ,

Creuse la terre avec sa lance.

Plante la vigne : et les Gaulois, joyeux,

Dans l'avenir ont vu la France.

Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.

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