MATHURIN BRUNEAU
Air du ballet -des Picirots.
Quoi ! tu Teux régner sur la France ! Es-tu fou , pauvre Mathurin ?
N^échange point ton indigence Contre tout Por d^un souverain.
Sur un trône Pennui se carre , Fier d^être encensé par des sots.
€royez-moi, prince de Navarre, Prince , faites-nous des sabota.
Des leçon s que le malheur donne , Tu n'as donc point tiré de firuit ?
Réclamerais-tu la couronne, Si le malheur t'avait instruit ?
Cette ambition n'est point rare , Môme ailleurs que chez les héros.
* Tout le inonde se rappelle que Matbnrin Brunean , reconnu pour être le fils d'un sabo' lier , Bflfeclaitde se donner le titre de prince de Navarre. *
GrojexHDoi , prince de Nayarre y Prince , faites-nons des sabots.
Dans le rang que toi-même espères y Trompés par des flatteurs câlins , Que de rois se disent' les pères D^enfans qui se croient orphelins !
Régner, c^est n^étre point ayare De lois , de rubans , de grands mots.
Grojet-moi , prince de Navarre , Prince , faites-nous des sabots.
Quand tu combattrais avec gloire, Sache que plus d'un conquérant Se voit arracher la victoire Par un général ignorant.
Un Anglais, aidé d^un Tartare, Foule aux pieds de nobles drapeaux.
Croyez-moi, prince de Navarre, Prince , faites-nous des sabots.
Combien d^agens illégitimes
Servent la légitimité !
Trop lard sur les malheurs de Nîmes
On éclairerait ta bonté.
Le roi qu'au Pont-Neuf on répare
Parle en vain pour les huguenots.
Groyezrmoi, prince de Navarre,
Prince , faites-nous des sabots.
De tes maux quel serait le terme , Si quelques alliés sans foi
Prétendaient qne tu tiens à fenne Le trône que tu dis à toi ?
De jour en jour leur ligue ayare Augmenterait le prix des baux.
Groyezr-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.
Enfin , pourrais-tu sans scrupule , Graissant la patte au Saint-Esprit , Taire un concordat ridicule ÀTec ton père en Jésus-Xlhrist !
Pour lui redorer sa tiare , Tu nous surchargerais dHmpôts.
Croyez-moi , prince de Nayarre, Prince, faites-nous des sabots.
D'ailleurs ton métier nous arrange j Nos amis nous ont fait capot.
C'est pour que l'étranger la^mange Que nous mettons la poide au pot.
Qe nos souliers même on s'empare Après ayoir pris nos manteaux.
Croyez-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.