‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 120 sur 206 · MATHURIN BRUNEAU · texte numérisé non relu

MATHURIN BRUNEAU

Air du ballet -des Picirots.

Quoi ! tu Teux régner sur la France ! Es-tu fou , pauvre Mathurin ?

N^échange point ton indigence Contre tout Por d^un souverain.

Sur un trône Pennui se carre , Fier d^être encensé par des sots.

€royez-moi, prince de Navarre, Prince , faites-nous des sabota.

Des leçon s que le malheur donne , Tu n'as donc point tiré de firuit ?

Réclamerais-tu la couronne, Si le malheur t'avait instruit ?

Cette ambition n'est point rare , Môme ailleurs que chez les héros.

* Tout le inonde se rappelle que Matbnrin Brunean , reconnu pour être le fils d'un sabo' lier , Bflfeclaitde se donner le titre de prince de Navarre. *

GrojexHDoi , prince de Nayarre y Prince , faites-nons des sabots.

Dans le rang que toi-même espères y Trompés par des flatteurs câlins , Que de rois se disent' les pères D^enfans qui se croient orphelins !

Régner, c^est n^étre point ayare De lois , de rubans , de grands mots.

Grojet-moi , prince de Navarre , Prince , faites-nous des sabots.

Quand tu combattrais avec gloire, Sache que plus d'un conquérant Se voit arracher la victoire Par un général ignorant.

Un Anglais, aidé d^un Tartare, Foule aux pieds de nobles drapeaux.

Croyez-moi, prince de Navarre, Prince , faites-nous des sabots.

Combien d^agens illégitimes

Servent la légitimité !

Trop lard sur les malheurs de Nîmes

On éclairerait ta bonté.

Le roi qu'au Pont-Neuf on répare

Parle en vain pour les huguenots.

Groyezrmoi, prince de Navarre,

Prince , faites-nous des sabots.

De tes maux quel serait le terme , Si quelques alliés sans foi

Prétendaient qne tu tiens à fenne Le trône que tu dis à toi ?

De jour en jour leur ligue ayare Augmenterait le prix des baux.

Groyezr-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.

Enfin , pourrais-tu sans scrupule , Graissant la patte au Saint-Esprit , Taire un concordat ridicule ÀTec ton père en Jésus-Xlhrist !

Pour lui redorer sa tiare , Tu nous surchargerais dHmpôts.

Croyez-moi , prince de Nayarre, Prince, faites-nous des sabots.

D'ailleurs ton métier nous arrange j Nos amis nous ont fait capot.

C'est pour que l'étranger la^mange Que nous mettons la poide au pot.

Qe nos souliers même on s'empare Après ayoir pris nos manteaux.

Croyez-moi , prince de Navarre , Prince, faites-nous des sabots.

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