‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 123 sur 206 · LE RETOUR DANS LA PATRIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DANS LA PATRIE

Air : Suzon sortant de sou village.

ou : Vôtre-fortune est faite.

QuHl Ta lentement le navire A qui j'ai confié mon sort !

An rirage où mon cœur aspire.

Qu'il est lent à trouver un port !

France adorée !

Douce contrée !

Mes yeux cent fois ont cru te découvrir. Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir.

Mais enfin le matelot crie :

Terre ! terre ! là-bas , voyex !

Ab ! tous mes maux sont oubliés. Salut à ma patrie ! (ter,)

Oui , voilà les rives de France ; Oui , voilà le port vaste et sûr, Yoisin des cbamps où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur.

France adorée !

Douce contrée!

Après yingt ans , enfin je te revois.

De mon village

Je vois la plage ; Je vois fumer la cime de nos toits.

Combien non ame est attendrie !

Là , f aient mes premiers amours :

Là , ma mère m^attend toujours.

Salut à ma patrie î

Loin de mon berceau , jeune encore | LHnconstance emporta mes pas Jusqu^au sein des mers où Paurore Sourit aux plus riches climats.

France adorée !

Douce contrée I Dieu te deyait leurs fécondes cbaleurs.

Toute l'année, Là , brille ornée De fleurs, de fruits, et de fruits et de fleurs. Mais là , ma jeunesse flétrie Réyait à des climats plus cbers ; Là , je regrettais nos bivers.

Salut à ma patrie !

Fai pu me faire une famille , Et des trésors m'étaient promis.

Sous un ciel où le sang pétille , À mes yœux Tamour fut soumis.

France adorée !

Douce contrée !

Que de plaisirs quittés pour te revoir !

Mais sans jeunesse ,

Mais sans richesse , Si d^étre aimé je dois perdre l'espoir j De mes amours , dans la prairie , Les souTenirs seront présens ;

(?t»t du soleil pour met vieux an«^ Salut à ma patrie !

Poussé chez des peuples saurage»

Qui m^ofiraicnt de régner sur eux , Ttà su défendre leurs riyages Contre des ennemis nombreux.

France adorée !

. Douce contrée !

Tes champs alors gémissaient envahis.

Puissance et gloire, Gris de victoire , Rien n'étouifa la voix de mon pajs ; De tout quitter mon cœur me pne :

' Je reviens pauvre , mais constant.

Une bêche est là qui m^attend.

Salut à ma patrie.

Au bruit des transports d^allégresse ,, Enfin le navire entre an port ; Dans cette barque où Ton se presse ^ Hâtons-nous d'atteindre le bord.

France adorée , Douce contrée !

Puissent tes fils te revoir ainsi tous f Enfin , j'arrive , Et sur la rive Je rends au ciel , je rends grâce à genoux^ Je t^embrassè , ô terre chérie !

Dieu ! qu'un exilé doit souffrir ! Moi , diésormais , je puis mourir.

Salut à ma patrie!

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