‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 131 sur 206 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

Jir: Ah ! que de chagrins dans la ifi9,ÇLantani.y

Combien la nature est féconde En plaisirs ainsi qu'en douleurs !

De noirs fléaux couvrent le monde De débris, de sang et de pleurs, (bis.)

Mais à ses pieds la beauté nous attire ;

Mais des raisins le nectar est foulé.

Coulez , bons vins ; femmes , daignez sourire j Et P univers est consolé .

Chaque pays eut son déluge. Hélas ! peut<^tre , jour et nuit , Une*arche est encor le refuge

De mortels que Ponde pourmiit.

Sitôt qu^lris brille sur leur navire, Et qne Ters eux la colombe a Tolé , Coulez , bons vins j femmes , daignez sourire ;

Et PunÎTers est consolé.

Quel antre cbamp de funérailles !

ÛEtna s^agite , et , furieux ,

Semble , dn fond de ses entrailles ,

Tomir Penfer contre les cieux.

Mais pour renaître enfin sa rage expire : Il se rasseoit sur le monde ébranlé.

Coules, bons vins; femmes , daignez sourire)

Et Puniyers est consolé.

Dieu ! que de soufirances nouyelies !

L^afBreux vautour de POrient ,

La peste a déployé ses ailes

Sur Phomme , qui tombe en fuyant.

Le ciel s'apaise et la pitié respire , On tend la main att malade exilé.

Coulez , bons vins : femmes , daignez sourire j

Et Puniyers est consolé.

Mars enfin comble nos misères :

Des rois nous payons les défis.

Humide encor du sang des pères ,

La terre boit le sang des fils.

Mais Pbomme aussi se lasse de détruire j Et la nature à son cœur a parlé.

Coulez , bon yins ; femmes , daignez sourire ^

Et Poniyers est consolé.

Àb ! loin d'ftocQter la nature ,

Du printemps chantons le retour :

Des roses de sa cheTelnre

Parfumons la joie et Pamonr.

Malrré rhorreur que Pesclayage inspire , Sur les débris d^nn empire écroulé , Goulet , bons Tins ; femmes , daig;nes sourire ;

Et rnniyers est consolé.

LES CARTES ou L'HOROSCOPE.

jiir de la petite GouTeraaole.

ou de la République.

Tandis qu'en faisant sa prière , • Au coin du feu maman s*endort, Peu faite pour être ouvrière , Dans les cartes cherchons mon sort.

Maman dirait : Grai^pMt les ba^^atelles ! Le diable est fin. Trembles, Suson !

Mais j^ai seite ans : les cartes seront belles. Les cartes ont toujours raison , Toujours raison y toujours raison.

Amour , enfant ou mariage , Sachons ce qui m'attend ici.

Pai certain amant qui voyage :

Valet de cœur? Bon ! le Toici.

Pour une Teure , aux pleurs il me condamne. L'ingrat l'épouse , ô trahison !

J>ntre«u eouTeat ; mon confeiteiir se duine. Les cartes ont toujonrs raison, Toujours raison, toujours raison.

An parloir, témoin de mes larmes, Le roi de carreau -vient souYent :

C^est un prince épris de mes charmes ^ Il m^enlère de mon couyent.

Par des cadeaux son altesse m^entraine Jusqu^à sa petite maison.

La niodt surrient , et je suis presipie reine. Les cartes ont toujours raison , Toujours raison , toujours raison.

Je suis le prince à la campagne,

On vient lui parler contre moi.

En secret un hrun m'accompagne :

Tout se découTre : adieu mon roi !

Un de perdu , j'en rois arrirer douze j

J'enflamme un campagnard grisou :

Je suis cruelle, et celui-là m'épouse.

Les cartes ont toujours raison ,

Toujours raison , toujours raison.

En ménage d'une semune.

Dans un char je brille i Paris}

C'est le roi de trèfle qui mène )

Mon mari gronde , et je m'en ris :

Dieu ! l'amour fuit à l'aspect d'une TÎeiUe !

En li-je passé la saison ?

Eh ! non Traiment , c'est maman qui s'éreille.

Les cartes ont toajonrs raison.

Tonjoors raison , toujours raison.

Page 1