‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 133 sur 206 · ROSETTE · texte numérisé non relu

ROSETTE

Mr:

Sans respect pour votre printemps , Quoi ! TOUS me parlez de tendresse , Quand sous le poids de quarante ans Je Tois succomber ma jeunesse !

Je n'eus besoin pour m'enflammer Jadis que d'une humble grisette.

Ah ! que ne puis-je tous aimer.

Gomme autrefois j'aimais Rosette !

Totre équipage , tous les jours , Tous montre en parure brillante.

Rosette, sous de frais atours, Gourait à pied, leste et riante.

Partout ses yeux pour m'alarmer Provoquaient l'œillade indiscrète; Ah ! que ne puis-je tous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette!

Dans le tatin de ce bondoir, Tous sonnez à mille glaces.

Rosette n^ayaitqu'un.miroiT :

Je le croyais celui des Grâces.

Point de rideaax pour s'enfermer :

L'aurore égayait sa couchette.

Ah ! ^e ne pnis-je tous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette !

Totre esprit , qui hriUe éclairé y Inspirerait plus d'une lyre.

Sans honte je tous l'aToûrai , Rosette k peine saTait lire.

Ne pouTait-elle s'exprimer, L'Amour lui serrait d'interprète.

Ah ! que ne puis-je tous aimer Comme autrefois j'aimais Rosette!

Elle aTait moins d'attraits que tous j Même elle aTait un cœur moins tendre : Oui, ses yeux se tournaient moins doux Ters l'amant , heureux de l'entendre.

Mais elle aTait , pour me charmer , Sa jeunesse que je regrette.

Ah ! que ne puis-je tous aimer Gomme autrefois j'aimais Rosette !

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