LES ÉTOILES QUI FILENT
( JAHTISK iSaO.)
Mr dix ballet des Pierrots.
Berger , tu dis cpe notre étoile Règle nos jours et brille aux cieux :
— Oui^moB eafant ; mais dans sonroile La nuit la dérobe à nos jenx.
— Berger , sur cet azur tranquille , De lire on te croit le secret :
Quelle est cette étoile qui file , Qui file, file , et disparait ?
— Mon enfant , un mortel expire ; Son étoUe tombe à l'instant.
Entre amis que la joie inspire, Celui-ci buvait en chantant.
Heureux, il s'endort immobile Auprès du vin qu'il célébrait...
— Encore une étoile qui file , Qui file, file , et disparaît.
— Mon enfant, qu'elle est pure et belle! C'est celle d'un objet charmant.
Fille heureuse , amante fidelle , On l'accorde au plus tendre amant.
Des fleurs ceignent son front nubile Et de l'hymen l'autel est prêt...
3it
— Encore une étoile qui file, Qui file, file, et disparaît.
— Mon fils , c^est Pétoile rapide D'un très-grand seigneur nouTean-né :
Le berceau c[uUl a laissé ride,
D^or et de pourpre était orné.
Des poisons qu'un flatteur distille C'était à qui le nourrirait.. .
— Encore une étoile qui file, Qui file , file, et dispardt.
•~ Mon enfant, quel éclair sinistre !
C'était l'astre d'un fayori , Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri.
Ceux qui serraient ce dieu fragile Ont déjà caclié son portrait...
— Encore une étoile qui file , Qui file, file, et disparait.
— Mon fils , quels pleurs seront les nôtres! D'un riche nous perdons l'appui ; L'indigence glane chez d'autres ,
Mais elle moissonnait chez lui.^ Ce soir même, sûr à'un asile , A son toit le pauvre accourait...
— Encore une étoile qui file.
Qui file , file , et disparaît.
— C'est celle d'an puiisant monarque !... Ya , mon fils , garde ta can4eur :
3ia
Et que ton étoile ne mtcmpa»
Par Tédat ni p«r la grandeur.
Si tu brillais sans être utile, A ton dernier jour on dirait :
Ce n'est qu'une étoile qui file , Qui file, file , et disparaît.