LE VIEUX DRAPEAU
(i8ao.)
( Cette cbanson n'exprime que le yœu d'an soldat qui désire voir fa Charte constitntionnelle placée sous la sauvegarde du drapeau de "^ Fleurus , de Marenço et d'Austerlils. Le même vœu a été exprime k la tribune par plusieurs députés, et entre autres par le général Foy, dans une improvisation aussi noble qu'énergique. )
Mr i Elle aime à rire , elle aime à boire.
De mes vieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré.
Nos souvenirs m^ont enivré ; Le vin m^a rendu la mémoire ; Fier de mes exploits et des leurs , J'ai mon drapeau dans ma chaumière.
Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
3a3 Il est caché sous Phnmble paille Où je don panyre et mutilé :
Lui qni , sûr de raincre , a yolé Tingt ans de bataille en bataille !
Gbargé de lauriers et de fleurs , n brilla sur PEurope entière.
Quand secoùrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Ce drapeau payait à la France Tout le sang quUl nous a coûté.
Sur le sein de la liberté, Nos fila jouaient aTCc sa lance.
Qu^il prouve encore aux oppresseurs Combien la gloire est roturière. Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Son aigle est resté dans la poudre , Fatigué de lointains exploits.
Rendons-lui le coq des Gauloia ; Il sut aussi lancer la foudre.
La France y oubliant ses douleurs, Le'rebénira , libre et fière.
Quand secoûrai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Las d'errer arec la victoire, Des lois il deviendra Pappui.
Cbaque soldat fut , grâce à lui , Citoyen aux bords de la Loire.
Seul il peut voiler nos malheurs y
Déployons-le sur la frontière :
Qaand sccuûraiije la poussière Qui ternit ses nobles couleurs ?
Mais il est là , près de mes armes; Un instant , osons rcntrevoir.
Tiens , mon drapeau ! viens , mon espoir ! C'est à toi d'essuyer mes larmes.
D'un guerrier qui verse des pleurs, Le ciel entendra la prière :
Oui ) je secoûrai la poussière Qui ternit tes nobles couleurs.