‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 183 sur 206 · LE VIOLON BRISÉ · texte numérisé non relu

LE VIOLON BRISÉ

Jir : Je regardais Madeliaette.

Viens , mon cbien, viens, ma pauvre bête |

Mange malgré mon désespoir.

n me reste un gâteau de fête ,

Demain nous aurons du pain noir, (his.)

Les étrangwr» , yainqueurs par nue , M'ont dit bier dans ce vallon :

Fais-nous danser! Moi je refuse^ L'un d'eux brise mon violon.

C'était l'orobestre du village.

Plus de fêtes ! plus d'heureux jonrt !

Qui fer* danser sons rombrtge?

Qui réyeiUera les Amours ? (Mr.)

S» corde TÎTemeiit pressée ,

Dès Taurore d'un jour bien doux,

Annonçait à la fiancée

Le cortège du jeune époux.

Aux curés qui Tosaient entendre | Nos danses causaient moins d'eftroi.

La gaîté qu^il savait répandre Eût déridé le front d^un roi. (his)

S'il préluda , dans notre gloire , Aux chants qu'elle nous inspirait, Sur lui , jamais pouvais-je croire Que Pétranger se vengerait ?

Tiens , mon cliien , Tiens , ma panite bête ,

Mange malgré mon désespoir.

Il me reste un gâteau de fête,

Demain nous aurons du pain noir. (6|f .)

Combien sous Vorme ou dans la grange Le dimanche ya sembler long !

Dieu bénira-t-il la Tendance Qu'on ouvrira sans violon î

Il délassait des longs ouvrages , Du pauvre étourdissait les maux ; Des grands , des impùts , des orages , Lui seul consolait nos bameaux. (6À.)

4o6 Lei bflînet , il les faisait ttire ; Les pleurs amers , il les séchait.

Jamais sceptre n^a fait sur terre Autant de bien que mon archet.

Mais Vennemi qu^il faut qu^on chasse M'a rendu le courage aisé.

Qu'en mes mains un mousquet remplace Le yiolon qu'il a brisé, (bis,)

Tant d'amis , dont je me sépare , Diront un jour , si je péris :

n n'a point touIu qu'un barbare Dansât gaiment sur nos débris.

Tiens , mon chien , yiens , ma pauvre béte , Mange malgré mon désespoir.

n me reste un gâteau de fête, Demain nous aurons du pain noir, (bis.)

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