LE VIOLON BRISÉ
Jir : Je regardais Madeliaette.
Viens , mon cbien, viens, ma pauvre bête |
Mange malgré mon désespoir.
n me reste un gâteau de fête ,
Demain nous aurons du pain noir, (his.)
Les étrangwr» , yainqueurs par nue , M'ont dit bier dans ce vallon :
Fais-nous danser! Moi je refuse^ L'un d'eux brise mon violon.
C'était l'orobestre du village.
Plus de fêtes ! plus d'heureux jonrt !
Qui fer* danser sons rombrtge?
Qui réyeiUera les Amours ? (Mr.)
S» corde TÎTemeiit pressée ,
Dès Taurore d'un jour bien doux,
Annonçait à la fiancée
Le cortège du jeune époux.
Aux curés qui Tosaient entendre | Nos danses causaient moins d'eftroi.
La gaîté qu^il savait répandre Eût déridé le front d^un roi. (his)
S'il préluda , dans notre gloire , Aux chants qu'elle nous inspirait, Sur lui , jamais pouvais-je croire Que Pétranger se vengerait ?
Tiens , mon cliien , Tiens , ma panite bête ,
Mange malgré mon désespoir.
Il me reste un gâteau de fête,
Demain nous aurons du pain noir. (6|f .)
Combien sous Vorme ou dans la grange Le dimanche ya sembler long !
Dieu bénira-t-il la Tendance Qu'on ouvrira sans violon î
Il délassait des longs ouvrages , Du pauvre étourdissait les maux ; Des grands , des impùts , des orages , Lui seul consolait nos bameaux. (6À.)
4o6 Lei bflînet , il les faisait ttire ; Les pleurs amers , il les séchait.
Jamais sceptre n^a fait sur terre Autant de bien que mon archet.
Mais Vennemi qu^il faut qu^on chasse M'a rendu le courage aisé.
Qu'en mes mains un mousquet remplace Le yiolon qu'il a brisé, (bis,)
Tant d'amis , dont je me sépare , Diront un jour , si je péris :
n n'a point touIu qu'un barbare Dansât gaiment sur nos débris.
Tiens , mon chien , yiens , ma pauvre béte , Mange malgré mon désespoir.
n me reste un gâteau de fête, Demain nous aurons du pain noir, (bis.)