‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 192 sur 206 · LE VIEUX SERGENT · texte numérisé non relu

LE VIEUX SERGENT

^ir.* Dis-moi, soldat; dis mot, t'ensouyiens-tn?

Près du rouet de sa fille chérie Le Tieux sergent se distrait de ses maux , Et , d'une main que la balle a meurtrie , Berce en riant deux petits-fils jumeaux. Assis tranquille au seuil du toit champêtre ,

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Son seul refuge après tant de combats ,

Il dit parfois : « Ce n'est pas tout de naître ;

M Dieu , mes enfant , tous donne un beau trépu ! *

Mais qu''enteTid-il ? le tambour qui résonne ;

U Toit au loin passer un bataillon.

Le sang remonte à son front qui grisonne ;

Le Tieux coursier a senti Taiguillon.

Hélas ! soudain , tristement il s'écrie :

(( C'est un drapeau que je ne connais pas *.

» Ah ! si jamais tous Tenge« la patrie ,

» Dieu,mes enfans^Tons donne un beau trépas!

» Qui nous rendra , dit cet bomme héroïque,

)) Aux bords du Rhin, à Jemmape y à Fleuras j

u Ces paysans , fils de la république ,

» Sur la frontière , à sa Toix accourut 1

» Pieds nuds , sans pain y sourds aux làcbet alarnes ,

» Tous à la gloire allaient du même pas.

i> Le Rhin lui seul peut retremper nos armes.

>' Dieu, mes cnfans , tous donne un beau trépas !

» De quel éclat brillaient dans la bataille » Ces habits bleus par la Tiçtoire usés ! » La Liberté mêlait à la mitraille )» Des fers rompus et des sceptres brisés. » Les nations , reines par nos conquête» , » Ceignaient de fleurs le front de nos ioldats.

* La France étailalors couverte de drapeaux

>* Heorenz celui quimomiit dtiii cm fête» f )) Dieu , mes enfaïui , Tout donne unbeau trépu !

» Tant de Tertu trop tôt fat obtcnrcicL

» Pour s'anoblir nos cbefs sortent des rang» V

)> Par la cartoocbe encor tonte noiroie^

u I^up bouche eat prête à flatter lot tytans.

)> La Liberté déaerte avec sea annea;

M D'un trône à l'autre ila Tont offrir leura brat ;

» A notre gloire on mesure nos larmes.

)) Dieu , mes enfans , tous donne un beau trépu!»

Sa fille alor», interrompant sa plainte ,

Tout en filant, lui cbau te à demi-Toix

Ces airs proscrits qui , les frappant de crainte.

Ont en sursaut réveillé tou» lesxois.

<( Penplei à ton tour que ce» chants te réveillent !

» Il en est temps ! )> dit-il aussi tont bas.

Puis il répète à ses fils qui sommeillent :

<( Dieu ,mc8 cnfans , vous donne un beau trépas ! »

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